DORAT XV
courtoisie [il aima toujours passionnément la politesse], mais sans vouloir se confesser.
L'ami intime et fidèle du marquis de Pezay et de Colardeau a fait école. Les œuvres des disciples sont oubliées comme celles du maitre. Pourtant, il faut nommer, parmi les successeurs du poète des Baisers, Denwustier, qui avait vingt ans lorsque Joseph Dorat s'éteignit. Les Lettres a Emilie se lisent encore avec plaisir. — Mauvais versificateur et homme méprisable, Dorat-Cubières est à peine connu de nom aujourd'hui. Ne cherchons pas à le faire revivre !
Nous croyons intéressant de reproduire, dans cette étude sincère, le profil assez ressemblant du chevalier Dorât, extrait d'une satire contre toute la littérature du temps, dédiée par le caustique Kobbé à M. le comte de Bissi [mai 1776) :
Léger poète, il est fort à ma guise.
Trop faiblement maniant le burin, Son Apollon n'est pas double de rein; Mais dans ses vers Dorât retient captives En ce temps-ci les Grâces fugitives.
Souple, badin, délicat dans ses traits, D'une toilette il fait bien les apprêts, Et le mignon, d'une main assez sîire, Sait à Vénus attacher la ceinture.
C'est, si l'on veut, un joli papillon