‹ Œuvres choisies de J. DoratChapitre 23 sur 75 · L'EXTASE · texte numérisé non relu

L'EXTASE

Vois, ma Thaïs, cette vigne amoureuse Se marier h ce jeune arbrisseau;

Vois le lierre embrasser l'ormeau

De sa guirlande tortueuse.

Puissent tes bras voluptueux

Me serrer, m'enchaîner de même!

Puissé-je, par autant de nœuds, r'enlacer, te presser, te ceindre de mes feux; 4e replier cent fois autour de ce que j'aime î ^t puissions-nous enfin nous reposer tous deux

Dans l'extase du bien suprême, Lt ce calme enflammé connu des vrais heureux !... Uors, ô ma Thaïs! ni les coupes riantes, Dû la gaîté pétille en bachiques vapeurs, ^i la pompe des rangs, ni l'éclat des grandeurs, ^e me détacheroient de tes lèvres ardentes.

Anéantis, à force de sentir.

L'œil humide et charejé d'ivresse,

Arrivés à cette foiblesse.

Le dernier degré du plaisir...

La même barque au noir rivage

LES BAISERS

Porteroit sans effort deux amans éperdus, Et nous y serions descendus Avant d'avoir soupçonné le passage.

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