LE RENARD ET LES JEUNES LAPINS
BLANCHI dans les ruses de guerre, Un Renard, renard s'il en fut.
Temporisant, pour atteindre son but, Comme un zéphyr rasant la terre, Et toujours méditant l'escalade ou l'affût, Bref, le Sinon ^ de tout le voisinage. Ayant fait, une nuit, le sac d'un poulailler. Vint le matin dans un champ s'égayer : Tel un héros, las du carnage, Repose à l'ombre du laurier.
Par de fraîches vapeurs la terre est arrosée. Maître Renard, bercé parmi les fleurs, Et d'un air printanier respirant les odeurs. Se roule, se blottit dans l'herbe et la rosée.
Par intervalle il va sautant, Il court après sa queue, avec elle il badine; En vrai tartufe il compose sa mine.
Et le vieux coquin fait l'enfant.