TRAGEDIE TIREE DE L'ECRITURE SAINTE
PREFACE D'ESTIIER
La célèbre maison de Saint-Cyr ayant été principalement étal»lie jtour élever dans la piété un fort firand nombre de jeunes demoiselles rassemblées de tous les endroits du royaume, on 'l'y a rien oublit^ de ce qui pouvait contribuer à les rendre capables de servir Dieu dans les diflerents états où il lui ]>laira de les appeler. Mais, en leur montrant les clioses essentielles et nécessaires, on ne néglige pas de leur apprendre celles (pii peuvent servir à leur polir l'esprit, et à leur lormer le ju;;enient. On a imaginé pour cela plusieurs moyens, (pii, sans les détouiiier de leur travail et de leurs exercices ordinaires, les inslriiisent en les divertissant : on leur met, pour ainsi dire, à prolil leurs heures de récréation. On leur fait l'aire entre elles, sur leurs principaux devoirs, des conversations ingénieuses (pi'on leur a ( omposées exprès, ou qu'elles-mêmes com[)Osenl sur-le-champ. On les fait parler sur les histoires qu'on leur a lues , ou sur les importantes vérités qu'on leur a enseignées. On leur fait réciter par cœur et déclamer les plus beaux endroits des meilleurs poètes; et cela leur sert surtout à les défnire de rpiantilé de mauvaises prononciations qu'elles pourraient avoir apportées de leurs i»rovinces. On a soin aussi de faire a|i|)rendre à chanter ;'i celles qui ont de la voix, et on ne leur laisse j as peidre un lalent qui les peut amuser innocemment, et qu'elles |»eiiveut employer un jour à chanter les louanges de Dieu.
Mais la plupart des plus excellents vers de notre langue ayant été composés sur des matières fort profanes, et nos plus beaux airs étant sur des paroles extrêmement molles et efleminées, capables de faire des impressions dangereuses sur de jeunes esprits, les personnes illustres qui ont bien voulu prendre la jM'incipale direction de cette maison, ont souhaité qu'il y eût quelque ouvrage qui, sans avoir tous ces délauls, [lût produire