‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 139 sur 260 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

OÙ vos voi\ si souvent;, se mêlant à mes pleurs, De la triste Sion célèbrent les malheurs.

UNE ISRAÉLITE chante seule.

Déplorable Sion, qu'as-tu fait de ta gloire • ?

Tout Funivers admirait ta splendeur :

Tu n'es plus que poussière ; et de cette grandeur Il ne nous reste plus que la triste mémoire. Sion, jusques au ciel élevée autrefois,

Jusqu'aux enfers maintenant abaissée, Puissé-je demeurer sans voix,

Si dans mes chants ta douleur retracée Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée * !

TOUT LE CHŒUR

0 rives du Jourdain ! ô champs aimés des cieux ! Sacrés monts, fertiles vallées Par cent miracles signalées !

Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées?

UNE ISRAÉLITE, seule

Quand verrai-je, ô Sion ! relever tes remparts, Et de tes tours les magnifiques faîtes? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes?

captifs à Babylone : « Ceux qui nous avaient enlevés nous disaient . « Chantez- " nous quelqu'un des cantiques de Sion. » {Ps. xlvi, v. 4.)

1 Dans Eiiher et dans .1 ihalif. Racine a voulu nous donner une idée des chœurs des iinciennes tragédies grecques ; mais il n'a pas poussé l'imitation jusqu'à rendre le chœur permanent sur la scène. Les chœurs ii'Esiher nesontquelecorté.^epar ticulier de la reine, et ne sont pas toujours intimement lés à l'action. Cet essai a donné lieu à Racine de faire briller un nouveau genre de talent, et de montrer qu'il était aussi habile à manier la lyre qu'à chausser le cothurne. Rien n'égale lu sublimité, le sentiment et la grâce touchante répandus dans les chœurs de Racine: notre lit'érature n'a point de plus belles odes ; c'est le langage des prophètes; c'est la poésie des écrivains sacrés dans tout ?on éclat. (G.)

2 « Que ma langue soit attachée à mon gosier, si je ne me souviens pas de toi. si je ne me propose pas Jérusalem comme le principal objet de ma joie. (P*.cxxxvt. V. 7 et 8.1

-23 1 ESTHEH

TOUT LE CHŒUR

0 rives du Jourdain ! ô champs aimés des cieux ! Sacrés monts, fertiles vallées Par cent miracles signalées !

Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées?

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