ACTE I, SCÈNE V
UNE ISRAÉLITE, seule.
Arme-toi, viens nous défendre :
Descends, tel qu'autrefois la mer te vit descendre. Que les méchauts apprennent aujourd'hui A craindre ta colère.
Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère Que le vent chasse devant lui '.
TOUT LE CHCEUR.
Tu vois nos pressants dangers; Donne à ton nom la victoire ; Ne souffre pas que ta gloire Passe à des dieux étrangers.
' Siiit tanquani pulvis aille fac em venti. {Pu. xxiv, v. 5.) — Et sicut stipulam ante faciem venti. [Ps. lxxxii, v. 12.) — Il est curieux et instructif d'observer avec quel art deux grands poètes, ayant à rendre la même idée dans des sujets différents, ont su choisir la couleur la plus convenable , et l'harmonie propre au sujet. Les vers de Kacine, qu\ sont une Imprécation contre les méchants, respirent un ton plus véhément, une harmonie plus vigoureuse et plus tière que ceux de Jean-Baptiste Kousseau, qui n'expriment quune plainte touchante, et dont la teinte doit être douce et mélancolique ;
Et votre souffle m'enlève De la terre des viv.ints, Goiuiue la feuille séchée , Qui, de sa tige arrachée, Devient le jouet des vents.
Cani. d'Ézéchus (G.)
FIN DU PREMIER ACTE
24i ESTHER