LA. TROISIÈME
C'est son breuvag:e le plus doux.
ÉLISE
Chères sœurs , suspendez la douleur qui vous presse. Chantons, on nous l'ordonne; et que puissent nos chants Du cœur d'Assuérus adoucir la rudesse.
Comme autrefois David, par ses accords touchants, Calmait d'un roi jaloux la sauvage tristesse • !
Tout le reste de cette scène est chanté. UNE ISRAÉLITE.
Que le peuple est heureux, Lorsqu'un roi généreux.
Craint dans tout l'univers, veut encore qu'on l'aime ! Heureux le peuple ! heureux le roi lui-même !
TOUT LE CHCEUR.
0 repos ! ô tranquillité !
0 d'un parfait bonheur assurance éternelle ! Quand la suprême autorité Dans ses conseils a toujours auprès d'elle La justice et la vérité !
Les quatre stances suivantes sont chantées alternativement par une voix seule et par le chœur.
UNE ISRAÉLITE
Rois, chassez la calomnie* :
Ses criminels attentats Des plus paisibles États Troublent l'heureuse harmonie.
1 Saiil. — Quandocumque spiritus malus arripiebat Saul , David toUebat citharamet percutiebat manu sua; et refocillabatur Saul, et levius habebat; recedebat enim ab eo spiritus malus. (/ RoU. xvi, 23.)
2 Ces strophes sont remarquables par l'élégance et la grâce , par une heureuse facilité de style. On leur a souvent comparé la paraphrase du psaume cxix, contre les calomniateurs; mais les vers de J.-B. Rousseau n'ont rien de commun avec ceux de Racine, qui s'adressent aux rois, et n'ont pour objet que la calomnie politique. Louis Racine disait que son pare se félicitait de ces quatre statues, qui contiennent des vérités utiles aux rois. (G.)