SCÈNE V ESTHER, AMAN, ÉLISE, LE CHŒUR
AMAN , à Esther.
D'un juste étonnement je demeure frappé '.
Les ennemis des Juifs m'ont trahi, m'ont trompé :
J'en atteste du Ciel la puissance suprême,
En les perdant j'ai cru vous assurer vous-même ^
Princesse, en leur faveur employez mon crédit :
Le roi, vous le voyez, flotte encore interdit s.
Je sais par quels ressorts on le pousse, on l'arrête;
El fais, comme il me plaît, le calme et la tempête.
Les intérêls des Juifs déjà me sont sacrés.
Parlez : vos ennemis, aussitôt massacrés.
Victimes de la foi que ma bouche vous jure.
De ma fatale erreur répareront l'injure.
Quel sang demandez-vous ?
1 Eslh., ch. VII, V. 7.
2 Cette sortie d'Assuérus , quoique conforme à l'histoire , a été l'objet d'une juste critique. 11 est évident qu'elle n'est pas assez motivée. (A. M.)
3 Esth., cb. VII, V. 6.
* Vous assurer, c'est-à-dire assurer voire fortune et votre vie. •' C'est-k-dire doute encore s'il prendra les inte'réts des Juifs.