ÉLISE, LE CHŒUR
ASSUÉRUS
Que veut AsapB ?
ASAPH
Seigneur, le traître est expiré, Par le peuple en fureur à moitié déchiré. On traîne, on va donner en spectacle funeste ' De son corps tout sanglant le misérable reste.
MARDOGHÉE.
Roi, qu'à jamais le Ciel prenne soin de vos ours ! Le péril des Juifs presse, et veut un pionipt secours.
ASSUÉRUS
Oui, je t'entends. Allons par des ordres contraires Révoquer d'un méchant les ordres sanguinaires-.
0 Dieu, par quelle route inconnue aux mortels Ta sagesse conduit ses desseins éternels ' !
1 On dit très-bien donner en spettade. mais non donner en ipeclaele funeste. parce que ces mots donner en spectacle ne forment, pour ainsi dire, qu'un seul verbe composé. (D'Olivet."
i Esth.. ch. VIII, V. S.
3 Ce denoûment laisse les esprits frappés d'étonnemenl et iladmiration. La chute épouvantable et soudaine d'un ministre injuste et barbare, le retour d'un grand monarque vers la justice et la vérité, une nation innocente dérobée aux massacres préparés par la haine et par la vengeance , la vertu et la piété arrachées aux embûches des méchants, et récompensées dans cette même cour où régnait l'esprit de vertige et d'erreur : tous ces grands événements ont (iuel(|ue chose de plus tragique et de plus théâtral, de plus digne de la poésie et de la scène, que la peinture des folles passions. (G.)
â8i ESTHER