‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 254 sur 260 · ATHALIE, JOAS, JOAD, JOSABETH, AHNER, SUITE D'ATHALIE · texte numérisé non relu

ATHALIE, JOAS, JOAD, JOSABETH, AHNER, SUITE D'ATHALIE

(Joas est caché derrière le rideau.' ATOALIE, àJoad.

Te voilà, séducteur, De ligues, de complots pernicieux auteur, Qui dans le trouble seul as mis tes espérances, Éternel ennemi des suprêmes puissances!

En l'appui de ton Dieu tu t'étais reposé : De ton espoir frivole es-tu désabusé ?

Il laisse en mon pouvoir et son temple et ta vie. Je devrais sur l'autel où ta main sacrifie Te... Mais du prix qu'on m'offre il faut mécontenter '. Ce que tu m'as promis, songe à l'exécuter : Cet enfant, ce trésor, qu'il faut qu'on me remette, Où sont-ils ?

.lOAD.

Sur-le-champ tu seras satisfaite;

< Il était impossible d imiter d une manière plus heureuse et plus naturelle le Quoi ego de Virgile. (G.)

392 ATHÂLIE

Je te les vais montrer l'un et l'autre à la fois.

(Le rideau se tire. On voit Joas sur son trône; sa nourrice est a genoux à sa droite; Azarias, l'épée à la main , est debout à sa gauche; et près de lui Zacharie et Salomith sont à genoux sur les degrés du trône; plusieurs lévites, l'épée à la main , sont rangés sur les côtés.)

Paraissez, cher enfant, digne sang de nos rois ' : Connais-tu l'héritier du plus saint des monarques, Reine? De ton poignard connais du moins ces marques. Voilà ton roi, ton fils, le fils d'Ochozias. Peuples, et vous, Abner, reconnaissez Joas.

ABNER

Ciel !

ATHALIE, à Joad.

Perfide !

JOAD

VoiS'tu cette Juive fidèle Dont tu sais bien qu'alors il suçait la mamelle ? 11 fut par Josabeth à ta rage enlevé : Ce temple le reçut, et Dieu l'a conservé. Des trésors de David voilà ce qui me reste.

Ta fourbe à cet enfant, traître, sera funeste. D'un fantôme odieux , soldats , délivrez-moi !

JOAD

Soldats du Dieu vivant, défendez votre roi* !

(Ici le fond du théâtre s'ouvre. On voit le dedans du temple , et les lévites armés entrent de tous les côtés sur la scène.)

OÙ suis-je ? 0 trahison ! ô reine infortunée ' !

1 Je ne connais point de plus grand coup de théâtre. Voltaire a dit que le dernier tableau de Rodogune était plus fort. Oui , de terreur et d'horreur ; mais celuici réunit la terreur, l'attendrissement, la pompe et la majesté. Cette pièce me semble, sous tousles rapports, le chef-d'œuvre de l'esprit humain. (L.)

2 Ce vers embrase le théâtre, électrise le spectateur. Pourquoi! parce que ce roi est un enfant, et que cet enfant est devenu le nôtre pendant toute la pièce. Voilà ce que personne n'avait même imaginé possible. (L.]

3 •< Alhalie entendit le bruit du peuple qui accourait; entrant parmi la foule dans le temple du Seigneur, elle vit le roi assis sur son trône, suivant la coutume.

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