‹ Œuvres choisies de J.RacineChapitre 78 sur 260 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

AGAMEMNON

Je ne puis.

IPHI GÉNIE.

Périsse le Troyen auteur de nos alarmes !

AGAMEMNON

Sa perte à ses vainqueurs coûtera bien des larmes.

IPHIGÉNIE

Les dieux daignent surtout prendre soin de vos jours !

AGAMEMNON

Les dieux depuis un temps me sont cruels et sourds.

IPHIGÉNIE

Galchas, dit-on, prépare un poaipeux sacrifice.

AGAMEMNON

Puissé-je auparavant fléchir leur injusiice !

IPHIGÉNIE

L'offrira-t-on bientôt?

AGAMEMNON

Plus tôt (jue je ne veux.

IPHIGÉNIE

Me sera-t-il permis de me joindre à vos vœux ? Verra-t-on à l'autel votre heureuse famille?

AGAMEMNON

Hélas !

IPHIGÉNIE

Vous vous taisez.

AGAMEMNON

Vous y serez , ma fille ' .

Adieu.

> Quel tendre et prodis^ieux ellet produit l'arrivée d'Iphigénie 1 Elle vole auprès de son père, aux yeux d'Eriphile même, de son père qui a pris mfin la résolution de la sacrifier. Chaque mot de celte scène tourne le poignard dans le cœur... La scène linitpar ces mois terribles : Vous y ttrez, ma filU , sentence de morl, après laquelle il ne faut plus rien dire... Mais comment se peut-il faire qu'après cet arrêt de mort, (ju Iphigéniene comprend |X)int, mais que le spectateur entend avec tant d'émotion, il y ait encoie des scènes touchantes dans le même acte, et même des coups de théâtre frappants I C'est là, S( Ion moi, qu'est le comble de lu perfection. (Volt.)

160 IPHKJENIE

Page 1