SCÈNE IV
CLYTEMNESTRE, iEGINE, Gardes.
CLTTEMNESTRE.
Ah ! vous n'irez pas seule, et je ne prétends pas. . , Mais on se jette en foule au-devant de mes pas. Perfides! contentez votre soif sanguinaire.
£GINE.
Où courez- vous, Madame 1 et que voulez- vous faire ?
CLYTEMNESTRE
Hélas ! je me consume en impuissans efforts.
Et rentre au trouble aiSr^ux dont à peine je sors Mourrai-je tant de fois, sans sortir de la vie !
t' -JEGINE.
Ah ! savez-vous le crime, et qui vous a trahie. Madame 1 Savez-vous quel serpent inhumain Iphigênie avait retiré dans son sein ?
Eriphile, en ces lieux par vous-même conduite, A seule, à tous les Grecs, révélé votre fuite.
CLYTEMNESTRE
O monstre, que Mégère en ses flancs a porté!
TRAfjÉOlE. 251
Monstre, qne dans nos bras les enfers ont jeté ! Gluoi! tu ne mourras point? Cluoi! poar punir son crime... Mais où va ma douleur chercher une victime 1 Gluoi I pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux, Mer, tu n'ouvriras pas des abîmes nouveaux !
Cluoi! lorsque les chassant du port qui les recèle, L'Aulide aura vomi leur flotte criminelle, Les vents, les mêmes vents si long>temps accusés-. Ne te couvriront pas de ses vaisseaux brisés 1 Et toi, soleil, et toi qui, dans cette contrée. Reconnais l'héritier et le vrai fils d' Atrée ; Toi, qui n'osas du père éclairer le festin.
Recule, ils t'ont appris ce funeste chemin !
Mais cependant, ô Ciel ! ô mère infortunée !
De festons odieux ma fille couronnée, Tend la gorge atux couteaux par son père apprêtés. Calchas va dans son sang... barbares, arrêtez ; C'est le pur sang du dieu qui lance le tonnerre.... J'entends gronder la foudre, et sens trembler la terre; Un dieu vengeur, un dieu fait retentir ces coups.