AMAN, ZARÈS
ZARÈS
C'est donc ici d'Esther le superbe jardin, Et ce salon pompeux est le heu du iè.stin > Mais tandis que la porte en est encore lermce. Ecoutez les conseils d'une épouse alarmée.
Au nom du sacré nœud qui me lie avec vous, Dissimulez, Seigneur, cet aveugle courroux ; Eclaircissez ce front où la tristesse est peinte. Les rois craignent surtout le reproche et la plainte. Seul entre tous les grands par la reine invité, Ressentez donc aussi cette félicité.
Si le mal vous aigrit que le bienfait vous touche Je Tai cent fois appris de votre propre bouche : Gluiconque ne sait pas dévorer un affront.
Ni de fausses couleurs se déguiser le front, Loin de l'aspect des rois qu'il s'écarte, qu'il fuie.
TiuafiDis. 807
n est des contre-temps qull faut qu'un sage essuie : Souvent avec prudence un outrage enduré Aux honneurs les plus hauts a servi de degré.
AMAN
O douleur 1 ô supplice affreux à la pensée !
O honte 1 qui jamais ne peut être effacée !
Un ex ccraJ)le Juif, l'opprobre jies humains, S'est donc vu 4e. la .pourpre habillé par mes main^ C'est peu qu'il ait sur moi remporté la victoire ; Malheureux, j'ai servi de héraut à sa gloire ; Le traître ! il insultait à ma confusion ; Et tout le peuple même, avec dérision.
Observant la rougeur qui couvrait mon visage, De ma chute certaine en tirait le présage.
Roi cruel, ce sont là les jeux où tu te plais ! Tu ne m'as prodigué tes perfides bienfaits ' due pour me faire mieux sentir ta tyrannie, Et m'accabler enfin de plus d'ignominie.
zar£s« Poui quo i juger si mal de son intention 1 , H. croit répmrypPTispr ^^p^ hn nne act ioQ» Ne faut-il pas, Seigneur, s'étonner, au contraire, Glu'il en ait si long-temps différé le salaire 1 Du reste, fTn'a yj[<»n fait fp^pj^ft^'j^qtrg conseU; Vous-même avez dicté tout ce triste appçjeîT: Vous êtes aprôs lui le premier de l'empire.
Si^t-il toute l'horreur que ce Juif vous inspire 1
AlfAN.
Il sait qu'il me doit tout, el que, pour sa grandeur, J'ai foulé sous les pieds remords, crainte, pudeur; du'avec un cœur d'airain exerçant sa puissance
aoe
J'ai fuit taire les lois et gémir l'innocence ; due pour lui des Persans bravant l'aversion, J'ai chéri, j'ai cherché la malédiction ; Et pour prix de ma vie à leur haine exposée, Le barbare aujourd'hui m'expose à leur risée«
Ziiii£s.
Seigneur, nous sommes seuls, due sert de se flatter 1 Ce zèle que pour lui vous fîtes éclater; Ce soin d'immoler tout à son pouvoir suprême, Entre nous, avait-il d'autre objet que vous-même 1 Et, sans chercher plus loin, tous ces Juifs désolés, N'est-ce pas à vous seul que vous les immolez 7 Et ne craignez-vous point que quelque avis funeste... Enfin la cour nous hait, le peuple nous déteste. Ce Juif même, il le faut confesser malgré moi, Ce Juif, comblé d'honneurs, me cause quelque effroi : Les malheurs sont souvent enchaînée l'an a l'autre, Et sa race toujours fiit fatale à la vôtre.
De ce léger affront songez à profiter, Peut-être la fortune est prête à vous quitter; Aux plus affreux excès son inconstance passe ; Prévenez son caprice avant qu'elle se lasse.
Où tendez-vous plus haut 1 Je frémis quand je voi Les abîmes profonds qui s'offrent devant moi : La chute désormais ne peut-être qu'horrible.
Osez chercher ailleurs un destin plus paisible ; Regagnez l'Hellespont et ces bords écartés Où vos aïeux errans jadis furent jetés, Lorsque des Juifs contre eux la vengeance allumée ' Chassa tout Amalec de la triste Idumée.
Aux malices du sort enân dérobez-voas.
TBAG^DIB. 309
Nos plus riches trésors marcheront devant nous : Vous pouvez du départ me laisser la conduite, Surtout de vos enfans j'assurerai la fuite.
N'ayez soin cependant que de dissimuler.
Contente, sur vos pas vous, me verrez voler : I*a mer la plus terrible et la plus orageuse Est plus sûre pour nous que cette cour trompeuse. Mais à grands pas vers vous je vois quelqu'un marcher; C'est Hydaspe