‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 143 sur 159 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ESTHER, AMAN, ELISE, le Chœur.

AMAN, à Esther, D'un juste étonnement je demeure frappé.

Les ennemis des Juifs m'ont trahi, m'ont trompé. J'en atteste du Ciel la puissance suprême, En les perdant, j'ai cru vous assurer vous-même. Princesse, en leur faveur employez mon crédit.

200 ESTBEH,

Le roi, vous le voyez, flotte encore interdit. Je sa& par quels ressorts on le pousse, on Tarrète; Et fais, comme il me plait, le calme et la tempête : heu intérêts des Jui(s déjà me sent sacrés.

Parlez : vos e-nnemis, aussitôt massacrés, Victimes de la foi que ma bouche vous jure.

De ma fatale erreur répareront l'injure.

Ctnei sang demandez-vous 1

E8THRR.

Va, traître, laisse-moi.

Les Juifs n'attendent rien d'un méchant tel que toL Misérable ! le Dieu vengeur de l'innocence.

Tout prêt à te juger, tient déjà sa balance : Bientôt son juste arrêt te sera prononcé.

Tremble: son jour approche, et ton règne est passé.

AMAN

Oui, ce Dieu, je l'avoue, est un Dieu redoutable. Mais veut-il que l'on garde une haine implacable 1 C'en est fait : mon orgueil est forcé de plier; L'inexorable Aman est réduit à prier.

{Il sejetU à ses pieds.) Par le salut des Juifs, par ces pieds que j'embrasse, Par ce sage vieillard, l'honneur de votre race. Daignez d'un roi terrible apaiser le courroux : Sauvez Aman, qui tremble à vos sacrés genoux.

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