‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 52 sur 159 · SCENE IIL HERMIONE, CLEONE · texte numérisé non relu

SCENE IIL HERMIONE, CLEONE

HERMIOMB.

Attendais-tu, Cléone, un courroux si modeste 1

CLÉONE

La douleur qui se tait n'en est que plus funeste. Je le plains : d'autant plus qu'auteur de son ennui, Le coup qui l'a perdu n'est parti que de lui. Comptez depuis quel temps votre'hymen se prépaie. 11 a parlé. Madame, et Pyrrhus se déclare.

ISS AMimOMAQin,

HERMIONE

Tu crois que Pyrrhus craint 1 Et que craint-il encor 1 Des peuples qui dix ans ont fui devant Hector ; Ctui, cent fois effrayés de l'absence d'Achille, Dans leurs vaisseaux brûlans ont cherché leur asile; Et qu'on verrait encor, sans l'appui de son fils, C2. Redemander Hélène aux Troiens impunis 1

C^ Non, Cléone, il n'est point ennemi de lui-même :

n veut tout ce qu'il fait ; et s'il m'épouse, il m'aime Mais qu'Oreste, à son gré, m'impute ses douleurs; N'avons-nous d'entretien que celui de ses pleurs 1 . Pyrrhus revient à nous. Eh bien, chère Cléone, ^ Conçois-tu les transports de l'heureuse Hermione 1

S Sais-tu quel est Pyrrhus 1 T'es-tu fait raconter

Le nombre des exploits... Mais qui les peut compter 1 Intrépide, et partout suivi de la victoire, C" Charmant, fidèle, enfin rien ne manque à sa gloire.

^ Songe... ê

i^ CLÉONE.

C Dissimulez. Votre rivale en pleurs

^ Vient à vos pieds, sans doute, apporter ses douleurs.

HERMIONE

Dieux ! ne puis-je à ma joie abandonner mon âme * Sortons. Ô,ue lui dirais-je 1

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