‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 56 sur 159 · CÉPHISE · texte numérisé non relu

CÉPHISE

Madame, à votre époux c'est être assez fidèle. /3

Trop de vertu pourrait vous rendre criminelle. jî

Lui-môme il porterait votre âme à la douceur. ^

ANDROMAQUE. -

Qmoï ! je lui donnerais Pyrrhus pour successeur î 5

* cÉpmsE.

Ainsi le veut son fils, que les Grecs vous ravissent. ^

Pensez-vous qu'après tout, ses mânes en rougissent 1 Jl

Clu'il méprisât, Madame, un roi victorieux Clui vous fait remonter au rang de vos aïeux ; Glul foule aux pieds pour vous vos vainqueurs en colère. Clui ne se souvient plus qu'Achille était son père;

tmt.'.

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136 ANonosu^UE,

Glui dément ses exploits, et les rend supeiAos 'l

▲NDROMAQUE.

Dois-je les oublier, s'il ne s'en souvient plusl

Dois-je oublier Hector privé de funérailles, i>--. Et traîné sans honneur autour de nos murailles 1

O. Doifr-je oublier son père à mes pieds renversé,

^ Ensanglantant l'autel qu'il tenait embrassé 1

O Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle,

2Z', ' Ctui fut pour tout un peuple une nuit étemelle.

Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelans,

Entrant à la lueur de nos palais brûlans ; CL., Sur tous mes frères morts se faisant un passage,

■"••i j Et, de sang tout couvert, échauffant le carnage.

C». Songe aux cris des vainqueurs,songe aux cris d ss mourans

'2^ Dans la flamme étouffés, sous le fer expirans.

Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue.

Voilà comme Pyrrhus vint s'ofiVir à ma vue ;

Voilà par quels exploits il sut se couronner ; ^ Enfin, voilà l'époux que tu me veux donner.

rr*" Non, je ne serai point complice de ses crimes.

CZ' Glu'il nous prenne, s'il veut, pour dernières victimes.

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