SCENE V IPHIQENIE, ERIPHILE, DORIS
IPHia^NIE.
En quel funeste état ces mots m'ont-ils laissée ! Pour mon hymen Achille a changé de pensée ; II me faut sans honneur retourner sur mes pas; Et vous cherchez ici quelque autre que Calchas !
ÉRlPHILE.
Madame, à ce discours je ne puis rien comprendreL
iphio£nie.
Vous m'entendez assez, si vous voulez m'entendre. Le sort injurieux me ravit un époux, Madame, à mon malheur m'abandonnerez-vous 1 Vous ne pouviez sans moi demeurer à Mycène Me verra-t-on sans vous partir avec la reine 1
TRAQtioIB* 205
ÊBIPHILB.
Je voulais voir Calchas avaot que de partir.
IPHIOÊNIE.
due tardez-yous, Madame,. à le faire avertir 1
ÊRIPHILE.
D^Argos, dans un moment, vous reprenez la route.
IPHIG^NIE.
Un moment, quelquefois, éclaircit plus d'un doute. Mais, Madame, je vois que c'est trop vous presser; Je vois ce que jamais je n'ai voulu penser.
Achille... Vous brûlez que je ne sois partie.
ÊRIPHILE.
Moi ! Vous me soupçonnez de cette perfidie 1 Moi ! j'aimerais, Madame, im vainqueur furieux, Ctui, toujours tout sanglant, se présente à mes yeux Glui, la flamme à la main, et de meurtres avide. Mit en cendres Lesbos...
IPmCÊNIE.
Ouiy vous l'aimez, perfide.
Et ces mêmes fureurs que vous me dépeignez; Ces bras que dans le sang vous avez vus baignés ; Ces morts, cette Lesbos, ces cendres, cette flamme. Sont les traits dont l'amour l'a gravé dans votre âme ; Et, loin d'en détester le cruel souvenir, Vous vous plaisez encore à m'en entretenir.
Déjà plus d'une fois, dans vos plaintes forcées. J'ai dû voir et j'ai vu le fond de vos pensées. Mais toujours sur mes yeux ma facile bonté A remis le bandeau que j'avais écarté.
Vous l'aimez. Ctue faisais-jel Et quelle erreur fatale M'a fait entre mes bras recevoir ma rivale 1
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Crédule, je Taimais ; mon cœar, xnÂme anjonrd'hni, De son parjure amant ]ai promettait l'appui.
Voilà donc le triomphe où j'étais amenée !
Moi-même à votre char je me suis enchaînée.
Je vous pardonne, hélas ! des vœux intéressés, Et la perte d*un cœur que vous me ravissez.
Mais que, sans m'avertir du piège qu'on me dresse, Vous me laissiez chercher jusqu'au fond de la Grèce L'ingrat qui ne m'attend que pour m'abandonner, Perfide, cet affront se peut-il pardonner 1
ÉRIPmLE.
Vous me donnez des noms qui doivent me surprendre, Madame. On ne m'a pas instruite à les entendre ; Et les dieux, contre moi dès long-temps indignés, A mon oreille encor les avaient épargnés.
Mais il faut des amans excuser l'injustice.
Et de quoi votiliez-vous que je vous avertisse 1 Avez-vous pu penser qu'au sang d'Agamemnon Achille préférât une fille sans nom, Clui de tout son destin ce qu'elle a pu comprendre. C'est qu'elle sort d'un sang qu'il brûlç de répandre.
IPHfGéNIE.
Vous triomphez, cruelle, et bravez ma douleur, Je n'avais pas encore senti tout mon malheur; Et vous ne comparez votre exil et ma gloire, due pour mieux relever votre injuste victoire. Toutefois, vos transports sont trop précipités. Ce même Agamemnon, à qui vous msultez, Il commande à la Grèce, il est mon père, il m'aime ; Il ressent mes douleurs beaucoup plus que moi-même Mes larmes, par avance, avaient su le toucher.
TRAGéOOS. IMy?
J'ai surpnb ses soupirs, qu'il me voulait cacher. Hélas ! de son accueil condamnant la tristesse, Posais me plaindre à lui de son peu de tendresse !