‹ Œuvres choisies de Jean RacineChapitre 82 sur 159 · SCÈNE VIL ACHILLE, ERIPHILE, DORIS · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL ACHILLE, ERIPHILE, DORIS

ACHILLE

Elle me fuit! Veillé-jel Ou n'est-ce point un songe 1 Dans quel trouble nouveau cette fuite me plonge l Madame, je ne sais si, sans vous irriter, Achille devant vous pourra se présenter.

Mais si d'un ennemi vous souffrez la prière, Si lui-même souvent a plaint sa prisonniôrci Vous savez quel sujet conduit ici leurs pas.

Vous savez...

ÊRIPmLE.

Ctuoi ! Seigneur, ne le savez- vous pas 1 Vous qui, depuis un mois, brûlant sur ce rivage

909 iFBiafiNiB,

Avez concla Yons-même et hâté lear voyage 1

De ce même rivage absent depuis mi mois, Je le revis hier pour la première fois.

ÉRIPHILE

Ctuoi! lorsqu'Agamemnon écrivait à Mycène, Votre amour, votre main n*a pas conduit la sienne 1 Ctuoi ! Vous, qui de sa fille adoriez les attraits...

ACHILLE

Vous m'en voyez encore épris plus que jamais, Madame ; et, si Tefiet eût suivi ma pensée, Moi-môme, dans Argos, je l'aurais devancée.

Cependant on me fuit, duel crime ai-je commis ? Mais je ne vo's partout que des yeux ennemis, due dis-je 1 En ce moment, Calchas, Nestor, Ulysse, De leur vaine éloquence employant l'artifice, Combattaient mon amour, et semblaient m'annoncer due, si j'en crois ma gloire, il y faut renoncer, duelle entreprise ici pourrait être formée 1 Suis-je, sans le savoir, la fable de l'armée ? Entrons. C'est un secret qu'il leur faut arrachei.

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