‹ Œuvres choisies de Jules SandeauChapitre 82 sur 124 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

les ombrages de ce beau parc, et monsieur Bernard chassant, vivant en liesse et menant grand train sur vos terres.

LE MARQUIS

Savez-vous, Baronne, que vous avez le génie d'une Médicis ?

LA BARONNE

Ingrat ! . . . J'ai le génie du cœur. Qu'est-ce que je veux ? Qu'est-ce que je demande? le bonheur des êtres que j'aime. Pensez-vous que je m'effraie à l'idée de vivre pauvrement avec vous dans mon petit manoir ? Mais vous, mais votre belle Hélène, mais les enfants qui naîtront d'une union charmante . . .

LE MARQUIS

C'est vrai, pauvres petits ! . . . sauvons le duvet de leur nid. (Il lui baise la main.)

jasmin, annonçant du fond.

L'étranger que monsieur le marquis a refusé de voir ce matin . . .

le marquis.

C'était lui !

JASMIN

Il est accompagné de monsieur Destournelles.

la baronne, bas au Marquis.

Oh ! le traître ! . . . Il ne le quitte plus . . . S'il assiste à cette première entrevue, il déjouera tous nos projets . . . plus d'espoir.

LE MARQUIS

Je vais le jeter par la fenêtre.

LA BARONNE

Y pensez-vous?

LE MARQUIS

Comment nous en défaire, alors !

LA BARONNE

Je ne sais, mais je m'en charge. Qu'ils entrent.

en liesse = in vreugde ; manoir = kasteel ; d u y e t = dons ; d ejouera = zal doen niislukken

le marquis, à Jasmin.

Fais entrer.

LA BARONNE

Allons, Marquis . . . l'heure est solennelle. Voici le lion ; il faut le museler.

LE MARQUIS

Quelle abominable aventure ! . . . Au moment de se mettre à table.

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