‹ Œuvres choisies de l'abbé de Vertot (volume 3)Chapitre 10 sur 47 · Chapitre général · texte numérisé non relu

Chapitre général

Les galères de la religion ravagent Tisle de

l38 HISTOIRE DE L'ORDRE

Lango, autrefois si chère aux chevaliers, quand

Yir.!iA- ils rcsidoient à Rhodes ; mais où leurs succès-

^^^' seurs, en haine des Turcs, firent cent soixantecinq esclaves.

i6o5. Mort du Pape Clément VIII.

1606. Paul y, son successeur, confère à un de ses neveux trois commauderies de la Iang[ue d'Italie, quoiquclles n eussent pas vaqué en Cour de Rome ; et , peu après , il confère encore la commanderie de Béncvcnt au cardinal Bufifaio.

160*. Projet d^un chevalier, Dalmate de nation , mais de la langue d'Allemagne , proposé à TOr^ dre pour obtenir des Polonois la restitution de la grande commanderic de Posnanie, tombée entre les mains des séculiers; à condition d'établir, dans ce royaume, un corps de chevaliers qui scrviroient, à cheval, contre les Turcs: projet qui n eut point d exécution par les obstacles qu'y forma un prince de la Maison de Radzivil, dont apparemment les ancêtres ou les parens s etoient emparés des biens de la comtaanderie.

160S. ^ Troubles à Malte et dans lauberge , et fa langue d'Allemagne, parce qu'on avoit tenté de faire recevoir, dans cette langue , Charles , comte de Brie, fils naturel de Henry, duc de liorraine. L affaire est poussée si loin , que les Allemands arrachent, de dessus la porte de laubei^e, les armes du Grand-Mattre et de la religion, pour n y laisser que celles de l'empereur.

1609. François de liorraine , dit le chevalier' de Guise , fait ses caravanes à Malte.

Alop de

COVR.

DES CHEVALIERS DE MALTE. iBg

Les chevaliers Fresnet, Mauros et Gaucourt , surprennent la forteresse de Laiazzo, dans le golfe Tigka- ' de ce nom, y entrent à la faveur dun pétard qui fit sauter la porte, y font un riche butin, et, après en avoir rasé les fortifications , emmènent plus de trois cents esclaves.

Année fatale à la France et à l'Ordre de Malte, 1610. par lassassinat de Henry le Grand.

Gorinthe prise et pillée par les galères delà i^n. religion.

Le prince de Vendôme, nommé général des 161 a. galères de l'Ordre.

Sur les avis que l'eçut le Grand-Maitre , que i^i3. les corsaires d'Afrique vouloient tenter de se rendre maîtres de l'isle du Goze, il y feit passer des troupes et des munitions de guerre et de bouche.

Nouvelle alarme dans la langue d'Italie, par 1614. une grâce expectative que le Pape accorde à un fils du duc de Modène , sur la commanderie de Beggio : grâce d'un dangereux exemple ip» les suites qu'elle pouvoit avoir.

Soixante galères Tur<^s paroissent devant i6i5, Fisle de Malte , et débarquent cinq mille hommes ; mais qui ne purent faire d'esclaves , pai^ la précaution des habitans' qui s'étoient retirés dans les places fortes..

Le Grand-Mattre fort feirie tin aquedae , qui 1616. conduit une source abondante ^ depuis la cité de Malte , appeHée communément la Gîté Notable , jusques dans la cité de la Valette, et

l4o HISTOIEE DE L*ORDRE

, dans la place qui est devant le Palais des Grands-

ViG>â. Maîtres : ouvrage digne de la grandeur des Ro- ^^' mains.

Le duc de Nevers veut établir un Ordre nouveau , ou , pour mieux dire , détacher de TOrdre de Saint-Jean de Jérusalem , lancien Ordre du Saint -Sépulcre. Frère dom Louis Mendez de Vasconcellos, bailli d'Acre, très-habile dans les négociations , est dépêché à la Cour de France , pour traverser les desseins du duc. Étant arrivé en France , en qualité d ambassadeur extraordinaire , il fut accompagné , dans son audience , par le commandeur de Sillery, ambassadeur ordinaire; par frère de Saint-Léger, receveur du prieuré de France ; par le commandeur de* Fromigères , capitaine des gardes-du-corps ; par le commandeur de Gerlande, et par ce qui se trouva de chevaliers à Paris et à la Cour. Il présenta sa lettre au roi , à laquelle ce prince répondit aussi favorablement qu'on le .pouvoit souhaiter ; et les projets du duc de Nevers n eurent point de suite.

Facardin , prince des Druses , vient , à Malte , implorer la protection et le secours de FOrdre contre les persécutions du Grand-Seigneur.

>6i7. Bosio , qui n étoit que chevalier de grâce , voulant disputer la préséance à un chevalier plus ancien que lui , on lui fit voir qu'on ne comptoit son ancienneté, que du jour de sa réhabilitation ; et même qu'un chevalier de grâce ne pouvoit jamais parvenir aux dignités de l'Ordre.

DES CHEVALIERS DE MALTE. l4l

Le trésor fait fabriquer, dai^s le port d'Amster- "T

dam, un galion, dont la construction revenoit Vigni. à soixante mille écus d'or. ^^^'

Nouvelles fortifications à la cale de Saint- Paul , de Marsa-Syroco , de Marsa-Scala , et dans la petite isle du Cuming , située entre Malte et le Gozc.

Cagliares , ' évêque ' de Malte, fait beaucoup 1619. d'entreprises contre l'autorité du Grand-Maitre ' et du Conseil : il va à Rome pour le soutenir, et laisse, en son absence^ un grand -vicaire aussi brouillon que lui. Les jeunes chevaliers de toutes les langues , ne pouvant soutenir l'audace de ce mutin , le vont chercher, en sa maison , pour le jetter à la mer, Vignacour se le fait rendre, et l'envoyé , à Rome , avec son procès. Le Pape en paroit irrité, ordonne à son inquisiteur d'en informer, et menace le Grand-Maitre et le Conseil des foudres de l'église. Cette affaire fut terminée par la soumission du Grand - Maître et du Conseil.

L'armée de la ligue Catholique tente, en vain , de s'emparer de la ville de Suse , sur la côte de Barbarie. Il périt un grand nombre de chevaliers dans cette «expédition , parmi lesquels on compte frère Antoine Barras , frère François Juxs , frère de la Meusana , frère Merault de Pelons , frère Melchior de Gozon-Melac , frère Antoine , chevalier de grâce , capitaine d'infanterie au service du roi Catholique; et, parmi les blessés , frère Alfonse Castel Saint*Pierre , capitaine

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— ^~~ de la capitane de l'Ordre; frère Antoine Mas- Vi»94- Crillo, capitaine de la Patrone; firère Jean Sa- ^^^■* lîgy, Auvergnac; frère César de Saint- Peryet, de la langue de France , qui mourut à Malte de ses blessures ; frère Azevedo , Castillan ; et frère Louis Mendez-Vasconcellos, Portugais.

Î630. François Ottoman , religieux Dominicain , qui se disoit fils du Grand-Seigneur Achmet, paroi t à Malte , et y est reçu sur la recommandation du cardinal Vetally, président de la congrégation des Cathécumènes.

Entreprise des galères de la religion sur Castel Tornèze. Le commandeur frère Alfonse Castel-Saint-Pierre, est nommé , par le général des galères , pour conduire cette entreprise. On s ouvre un passage par trois pétards. Cette place étoit comme le magasin de toute la Morée. Le général des galères est averti , par un Grec , que, s*il ne se retire promptement, ses gens seront coupés par quatre mille Turcs qui n etoient pas éloignés. On sonne la retraite; et Saint-Pierre, qui a reçu le même avis , forme un escadron , et i^gagne le bord de la mer avec le butin et les prisonniers qu il avoit faits.

1621. Mort de Paul V, auquel ^ucc^de Grégoire XV, qui confirme, par ses bulles ^ tous les privilèges que ses prédécesseurs avoient accordés à l'Ordre.

1622. Nouvelles plaintes de la langue dltalie , qui se voit privée de succéder aux commanderies vacantes par la nomination souvent anticipée

* des Papes.

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Le coramandeur de Chattes -Gessan e^ en-

voyé à Malte par le roi Louis XIII, pour deman- viowÂ^ der, à l'Ordre, la jonction de ses galères, pour ^^9 combattre les Huguenots.

Le chevalier de Gasselani de Montemedan , reçoit ordre , du Conseil, de conduire, à Marseille, avec les galères, le grand galion fabriqué dans le port d'Amsterdam.

Le Grand-Maître de Vignacour, étant à la chasse, et poursuivant un lièvre dans la plus grande chaleur du mois d'août, fut surpris d'une attaque d'apoplexie. On le porta à la cité nouvelle, où il nomma, pour son lieutenant, frère Nicolas la Marra, grand-amiral de l'Ordre. Il reçut ensuita, ayec beaucoup de dévotion , les sacremens de l'église , fit sa désapropriation , et mourut le 1 4 septembre , 4gé de 7 5 ans.

Le Chapitre s'assembla pour lui nommer un successeur. Il y avoit deux prétendans : Mendez de Vasconcellos , Portugais , bailli d'Acre , et qui a voit été >ambassadeur de l'Ordre à Rome et en France; et de Paule, de la langue de Provence, grand-prieur de Saint-Gilles. Frère dom Loui^ Mendez Mendez eut la préférence , et fut proclamé pour ct^" Grand-Maître, le 17 septembre. A peine jouit-il i^iaS. de cette dignité pendant six mois; et le- peu de tems qu'il survécut à Vignacour, fut employé à confirmjer les sages dispositions qu'il avoit faites. Yasconcellos , âgé de près de 80 ans, mourut le « 6 de mars 1623. yman.

Le 10 du même mois, on procéda à l'élection

l44 HISTOIRE DE L'oRDRE

— ^— d'un nouveau Grand-Mattre; et le choix du cou- Di!"riw. ^^^^ tomba sur frère Â1<IT0INE DE Paule, prieur ^ de Saint -Gilles, âgé de 71 ans. Le commandeur de Formegères, ambassadeur de TOrdre en France , étant décédé , on fit occuper une seconde fois cette place au commandeur Durand de Villegagnon , pour notifier Télection du nou* veau Grand-Maitre au roi Louis XIIL

Mort du Pape Grégoire XV, auquel succède Urbain VIIL Ce pontife fait recevoir Antoine Barberin , son petit-neveu , chevalier de justice , avec dispense de caraVane et de résidence.

Jean de Fonseca, novice Portugais, a la tète coupée à Malte, dans la grande place du Palais , après avoir été convaincu de vol et d assassinat.

1634. Frère Faulcon , prieur de Capoue, convaincu d avoir détourné de la recette de Naples quinze mille ducats; sur celle de Rome, deux mille écus; et de la dépouille du Grand-Maitre Louis Mendez , autres quinze mille ducats , est condamné à une prison perpétuelle où il mourut.

Le Grapd-Mattre ne manque pas d ennemis , et de ces gens qui , à la faveur de leur effronterie , se flattent de iaire passer pour des vérités les plus noires calomnies. Ils présentent au Pape un Mémoire, où ils disent que ce Grand-Mattre est un homme déréglé dans ses mœurs , grand simoniaque, et qui a acheté sa dignité, argent comptant. De Paule envoyé, à Rome, le commandeur frère Denis Polastron de la Hillière, cheva-

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lier dune vie exemplaire, et qui le justifia, avec '

beaucoup de gloire , de toutes ces calomnies. A j^^ pavls. peine le Grand-Maître étoit-il sorti de cette affaire, quil lui en survint une autre qui netoit pas moins difficile , en ce qu il eut le Pape Urbain Vin pour juge et partie. Ce pontife se mit en possession de disppser des commanderies de ^ la langue dltalie : il avoit déjà donné les deux commanderies de Milan et de Busalora à dom Antoine Barberin , son neveu|; et il conféra , depuis, celle d'Ascoly au chevalier Machiavelly, au chevalier frère Donat-Rustici, celle de Volterre, et le droit d ancienneté au commandeur frère Hubert Riccasoli , et la commanderie de Monopoli au chevalier frère Alexandre Zanîibeccari^ Ces nouvelles concessions, outre celles de Paul V et de Grégoire XV, qu'on faisoit monter à dixsept commanderies, soulevèrent la langue dltalie. Les chevaliers refusèrent de faire leurs caravanes, de monter les vaisseaux et les galères de la religion; et, la plupart, se retirèrent chacun dans leurs maisons et dans le sein de leurs familles. Le Grand-Maître, pour prévenir ce désordre, convoqua le Conseil; et, d'un commun avis , on dépêcha un ambassadeur au Pape, pour lui porter les justes plaintes de la religion. En même-tems, on en envoj'^a trois autres, à ce même sujet, aux principaux souverains de la Chrétienté. Frère Jacques du Liège-Çharault , Grand-Hospitalier, fut destiné pour Rome; frère Jean Conrard de Bosb^ch, bailli de Brandebourg,

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