MIRACLES DE LA BIBLE
A tout miracle révélé,
Un certain Charle peu crédule
Soutenait qu'âcesse ni mule
En aucun temps n'avait parlé.
Quoi! dit Fontenai l'infaillible.
Oses-tu démentir la Bible?
De par le grand Dieu d'Abraham,
Je te jure, mon ami Charle,
Que l'ânesse de Balaam
A parlé, comme je te parle.
Qu'en son faux zèle une prude est amère ! Damner le monde est un plaisir d élus; Mais le Sauveur, à la femme adultère.
Dit, sans courroux: Allez, ne péchez plus! Telle est du ciel la sublime indulgence;
EPIGRAMMES. 197
Il plaint l'erreur ; il pardonne à l'offense; Il n'arme point ni le fer ni le fea.
La pécheresse eut sa grâce accordée^ Mais qu'on suppose à la place de Dieu Prude ou docteur, elle était lapidée!
Oh! que de fois, sur les flots deCythère, Je m'embarquai dans ma jeune saison!
Mais il n'est rien que l'âge eufin n'altère. Me siérait-il, aujourd'hui vieux Jason , D'aller ravir l'amoureuse toison?
Charmans écueils où se font maints naufrages Belles, j'ai trop mouillé dans vos parages. Adieu vous dis : l'âge à raison se joint. Je rentre an port , mais battu des orages , Et, par les vents, démâté de tout point.
Même à Paphos la gloire a des amantes.
Hier, chantant l'esprit et la beauté.
Ma lyre en main, à deux femmes charmantes,
J'offrais l'espoir de l'immortalité.