AVANTAGE DE L'EXTRÊME LAIDEUR
L'âge a fané les roses de Nais ; J'ai vu périr la beauté de Lydie :
Revers pareil menace en vain Cléis ; Cléis jamais ne peut être enlaidie.
EPIGRAMMES
Sur la réception de TruMet à l'Académie, afrès vingt ans de poursuites assidues pour y entrer.
Apres avoir sansrelâcbe heurté.
Heurté vingt ans à l'huis académique,
Enfin Trublet, si long-temps rebuté,
Entre, et se glisse au fauteuil narcotique.
Lors il s'écrie : O combien de labeurs
Tu m'as coûté, fauteuil, cher aux grands cœurs I
Que le talent, j'en ai l'expérience,
A de jaloux prêts à le traverser!
Que pour la gloire il faut de patience!
Et qu'un génie est de temps à percer !
Connaissez-rons cette antique Sylvie Dont la fureur est de se rajeunir?
D'amours encore elle se croit suivie.
Mais les fuyards n'y veulent revenir.
Dnlac en vain recrépit mon actrice; Pour démentir la ride accusatrice.
EPIGRAMMES
A cinquante ans elle s'en dit vingt-neuf; Et même un jour, si tel est son caprice, La belle aura baptistaire si neuf.
Qu'il faudra bien la remettre en nourrice.
Quand un beau prince , escroc sérénissime ,
Nous allégea de trente millions ,
Maint bon vieillard, souffreteux, cacochime,
Porter lui fut ses lamentations :
C'était pitié de voir leur doléance.
Lors un matois chargé de la créance
Les avisant, leur dit : ne larmoyez;
Princes ne sont qu'honneur et conscience!
Sans perdre rien vous serez tous payés
Dans cinquante ans; ne faut que patience' *
* Sous le titre plaisant d'escroc sérénissime, Lebrun désigne ici le prince de Rohan , entre les mains de qui il avait placé une somme de dix-huit mille cinq cents livres , sa dernière ressource , et qu'il se vit enlever par la banqueroute de huit millions que fit ce prince.
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