LIVRE XX
ma raison , et j'essayai de mieux employer le temps * de ma retraite et de ma solitude, en composant j pour rinstruction de mes enfants, un Cours élémentaire en petits Traités de Grammaire^ de Logique , de Métaphysique et de Morale^ où je recueillis avec soin ce que j'avais appris dans mes lectures en divers genres , pour leur en transmettre les fruits.
Quelquefois , pour les égayer ou pour les instruire d'exemffles , j'employais nos soirées d'hiver à leur raconter , au coin du feu , de petites aventures de ma jeunesse , et ma femme, s'apercevant que ces récits les intéressaient, me pressa d'écrire pour eux les événements de ma vie.
Ce fut ainsi que je fus engagé à écrire ces volumes de mes Mémoires. J'avouerai bien , comfme madatne de Staal , que je ne m'y suis peint qu'en buste ; mais j'écrivais pour mes enfants.
Ces souvenirs étaient pour moi un soulagement véritable , en ce qu'ils effaçaient au moins , pour des moments , les tristes images du présent par les doux songes du passé.
Cependant je touche à l'époque où l'intérêt de la chose publique vint me saisir plus fortement , plus étroitement que jamais. Par mon devoir de citoyen , je fus appelé à cette assemble primaire du canton de Gaillon , où allait être proposée la nouvelle constitution. C'était le moment d'observer où en était l'esprit national , et ce moment était intéressant; car le problème allait être mis '\ en délibération et résolu simultanément par la