‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 155 sur 184 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

M. DESMARETS , agité, tourmenté, LE COMTE

d'EGMONT.

d'egmont.

J'ai vu l'instant où vous alliez céder.

DESMARETS , le fixant.

Et... j'aurais mal fait, n'est-il pas vrai ?

d'egmont.

Je ne dis pas cela ; mais, d'après votre plan, il me semble... Continuons.

DESMARETS

Vous approuvez donc bien ma conduite ?

d'egmont.

A vous parler vrai , je ne puis la blâmer à un certain point.

DESMARETS , à part.

Tant pis ! (Haut.) Et vous me conseillez de continuer ?

d'egmont.

Conseiller est délicat... Cependant, je ne serais peut-être pas fâché si vous aviez la force de persévérer...

DESMARETS, à part.

D'après cela je n'oserai jamais. . .

d'egmont.

Parlez donc, vous êtes sûr d'avance de mon •uffrage.

DESMARETS

Eh ! c'est que précisément... j'espérais... j'aurais désiré... Non, non. . . laissons là cette conversation.

d'egmont.

Après m'avoir promis... rien ne serait plus désobligeant . .

DESMARETS , soupirant.

Vous le voulez... vous le voulez absolument? Eh bien! j'y souscris; d'abord, soyez vrai, n'avez-vous jamais rien remarqué de particulier en

moi ?

D'EGMONT, finement.

Non , point du tout ; jamais je n'ai vu en vous rien que de très ordinaire.

DESMARETS

Est-il possible ?... Comment?... Sur ce qui concerne ma femme, vous n'avez jamais rien aperçu ? d'egmont.

Que vous viviez assez mal ensemble... Ce n'est pas ià une singularité.

DESMARETS

Et moi , je vous dis que je suis un homme très singulier... ( d'Egmont sourit.) Je le suis, vous dis-je! j'éprouve des combats, des irrésolutions, et je voudrais savoir de vous...

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