‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 16 sur 184 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CLAVICO.

Avec quel plaisir je me retrouve en ces lieux, çt quelle différence du calme que j'éprouve, à ce trouble secret qui me poursuivait sans cesse ; quelle différence des sentimens qui m'animent en ce moment à ceux qui , ce matin encore... Mais

COMEDIE. £i

avec quelle facilité pourtant j'ai paru céder à la volonté de ce frère impérieux; non, ce n'était point à sa volonté , j'en atteste le ciel ! c'était à la voix puissante de l'équité, aux senlimens les plus profonds de tous , à la tendresse , à la piété , à la reconnaissance! et la déclaration que j'ai faite e'tait écrite d'avance dans mon cœur... Je veux être , je serai l'époux de Maria... Mais Laurence!... Avec quelle adresse celte femme belle et dangereuse a su quelquefois faire naître dans mes sens une flamme... une ivresse... Ah! ce n'était point là de l'amour, c était une fièvre , un délire ! c'est ce qu'on éprouve pour une beauté , séduisante à la vérité, mais qu'on n'estime pas. Je ne l'estime pas cette femme , je ne puis l'estimer ; je ne serai jamais son époux... hâtons -nous donc d'obéir à l'honneur, à l'amour... Je renonce , je le sens. . . à toute espèce d'avancement , de fortune ; mais un nœud légitime... un bonheur constant, une compagne a erlueuse et chérie, calmeront sans doute cette tète brûlante , et me dédommageront des jouissances incertaines et trompeuses de 1 ambition et de la vaniié.

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