SCÈNE X
les précédens , M. DESMARETS.
d'egmont.
Vous serez sans doute bien surpris , mon ami , quand vous saurez que ma lettre... (Charles reste stupéfait. ) n'est pas encore portée.
DESMARETS
Pourquoi ?
d'egmont.
Vous avez chez vous le plus raisonneur et le
4o8 L'AMI DU MARI,
moins obligeant des valets ; depuis une heure il ne cesse de faire l'entendu, et de disputer avec moi, au lieu de m'obëir.
CHARLES, à part.
Ah! je ne m'attendais pas à celui-là, par exemple.
DESMARETS
Comment, coquin? vous avez osé!...
d'egmont.
Le plus plaisant , c'est que cet original croyait que c était un mystère... une intrigue pour laquelle je réclamais sa protection , qu'enfin c'était sans votre aveu que je le chargeais... ( Ils rient tous deux.)
CHARLES
Ah ! ma foi , oui , ça , c'est vrai , je le croyais.
DESMARETS, sérieux.
Demandez excuse à monsieur le Comte, et obéis sez-lui désormais comme à moi-même, ou vous sortirez de chez moi.
D'EGMONT , d'un ton goguenard.
Je suis fâché de vous avoir attiré cette petite réprimande , mon cher Charles.
CHARLES , tout stupéfait.
Ah! Monsieur, je... j'y vais. ( a part. ) C'est un démon que cet homme-là... et M. Desmarets , c'est... ah! c'est une... c'est une bien bonne personne , il faut en convenir. ( Haut.) J'y vais, Monsieur , j'y vais.