‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 18 sur 184 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LES PRÉCÉUENS , MAFilV BEAUMARCHAIS, allant au-devant de Maria.

Allons, ma sœur, tu ne le regarderas pas ; ou,

si tu tournes sur lui les yeux, je te reponds qu'il baissera les siens.

CLAVICO.

Non , non , la pureté de mes vues, ma sincérité, me rendront toule ma hardiesse... j'oserai me croire encore digne de la verlueuse Maria. L'aveu d'une faute n'humilie que celui qui ne sait pas se repentir.

MARIA

Vous m'avez causé bien du chagrin , je ne vous l'aurais jamais dit, si 1 état où vous me voyez ne vous l'annonçait malgré moi.

CLAVICO.

Chacune des larmes que tu as répandues est tombée sur mon cœur.

MARIA

Ah ! je suis bien aise d'en avoir tant versé.

BEAUMARCHAIS

Mais enfin , rien ne doit plus retarder à présent.

CLAYICO.

Non , rien. Moi-même j'ailesplus fortes raisons de vouloir terminer cette affaire ; il faut que dès aujourd'hui...

BEAUMARCHAIS

C'est notre désir le plus ardent. . . Ah ! mon ami , si vous saviez combien nous avons tous besoin d'être heureux !

CLAVICO.

Et moi , combien j'ai à cœur de réparer mon injustice , de changer le nom déteste d'inconstant.

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