‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 32 sur 184 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

BEAUMARCHAIS , GERMAIN , toUS deux eme-

loppés dans leurs manteaux.

GERMAIN

Enfin , nous voilà chez M. Whall ; c'est un bonheur que je n'osais espérer. Un de ses gens, à qui autrefois j'ai rendu service , nous a introduits dans cette pièce , où, sans lui , nous n'aurions jamais osé pénétrer ; ce n'est point un jour d'audience , et vous n'auriez pu être admis.

BEAUMARCHAIS

Eh ! dois-je me flatter que le sort , jusqu'à présent si contraire... Mais es -tu bien sûr d'avoir vu entier le fourbe Slicotti, et son indigne maître, dans le palais de la duchesse d'Albe ?

GERMAIN

Je les ai bien reconnus, et, par votre ordre , enveloppé dans mon manteau, je les ai suivis jusque dans les appartenons, et là, sans être aperçu, j'ai entendu dire à tous les domestiques que Clavico épousait Laurence , et que leur mariage était très prochain.

BEAUMARCHAIS

Le lâche !... Continue.

tom. m. 5

7o BEAUMARCHAIS,

GERMAIN

De son côté , le perfide SlicotLi répondait , avec affectation , que vous aviez rompu tout projet d'union entre doua Maria et Clavico , et que vous repartiez aujourd'hui même pour la France , avec votre sœur et votre ami.

BEAUMARCHAIS

Quel horrible complot!... Tu peux te retirer, Germain ; va retrouver ma sœur, affecte devant elle une tranquillité que tu n'as pas, j'en suis sûr ! Tâche de pénétrer dans la prison , de voir s'il est possible de rassurerce brave, cet honnête Mervillc ; moi je ne quitte plus ce lieu : c'est ici qu'il faut me justifier ou périr. Tu reviendras ici me rejoindre... si Ton me permet de t'y attendre!

GERMAIN

On vous le permettra , je reviendrai bientôt apprendre votre sort, et, quel qu'il soit, le partager. (Il sort. )

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