‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 173 sur 272 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

VANGLENNE.

Cousine, ce n'est pas moi qu'ils ont offensé, c'est Tinfortuné câché sous l'habit que je portais; c'est lui qu'ils ont outragé durement, inhumainement ; et mon ressentiment est juste. « De quel droit un homme (c accable-t-il son semblable du fardeau du mépris? «Non, ce pitoyable, ce cruel orgueil doit être flétri; « et l'amour de l'ordre exige aujourd'hui que l'inso- « lent qui marchait sur la tête de son frère , soit à « son tour humilié. »

MADAME MILVILLE.

Je ne prétends pas excuser sa conduite; mais il eût peut-être fait dans la suite ce qu'il n'a pas fait d'abord.

VANGLEWNE.

Quand le premier mouvement du cœur humain n'est pas bon, le second devient pire encore; et la triste humanité n'a peut-être d'autre vertu que ce premier cri de la commisération et de la pitié. Qui rétouffe, est mort au bien.

MADAME MILVILLE.

Hélas! il y aura donc entre vous une séparation éternelle !

VANGLENNE.

Oui; et de tout l'intervalle qui se trouve entre nos âmes.

MADAME MILVILLE.

Ah ! modérez votre indignation , je vous supplie.

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