ACTE IV, SCENE III
LESBIN
Mon maître, à son retour, ne veut pas voir la face de Pirlon... Rends -lui son chapeau, son manteau, et que le diable qui Ta Ëiit, l'emporte, s'il en a le courage.
LA FOREST
Que ne garde-t-il ces plaisantes nippes, qui ont si bien fait leur effet ?
LESBIN
Il en achètera demain de toutes pareilles... Va, va, la race de ces gueux là ne manque pas.
Sors J'allons tirer ce vieux reître de sa prison.
LESBirî.
Moi, je vais me cacher sous la tenture de la porte, et en le voyant passer, je croirai voir encore la comédie... Oh! s'il était à ma discrétion!...
LA FOREST
Laisse faire cela à notre maître; il a le fouet en main, lui.
LESBIN
Pardi , tu as raison ; quelqu'un disait qu'il l'avait bien fustigé, sans lui écorcher la peau.
(n se cache.)
SCÈ^E III.
LA FOREST, PIRLON.
PIRLON, entrant le dos courbé.
Miséricorde! ouf!... Je n'en puis plus... J'ai les os
brisés, disloqués; je ne pourrai me relever de six
semaines Me tenir deux heures d'horloge dans un
misérable bouge, où j'étais forcé d'avoir le dos tout courbé!... Ahi! ahi! ahi!
LA FOREST
Dame, c'est que nous n'avons pas pu vous délivrer qu'après la fin de la comédie.
PIRLON.
Comment, comment! après la comédie ! Expliquezvous... On aurait joué V Imposteur ?
LA FOREST
Tout en plein.
. piRLorr.
La pièce aurait réussi ?
LA FOREST
Mieux que cela, elle a été dans les nues,
PIRLON.
O ciel ! quoi ! on a représenté V Imposteur avant que j'eusse rassemblé ma cabale! on a représenté V Imposteur j et je n'y étais pas !
LA FOREST
Si fait bien, vous y étiez.... votre chapeau, votre manteau ont fait une peinture parlante. Tout le monde criait , c'est Pirlon , c'est Pirlon.
PIRLON.
On m'a joué ! Tout est perdu , tout est bouleversé dans l'Etat; il n'y a plus ni mœurs, ni lois, ni décence, ni religion... Scélérat de Molière! va, va, nous