ACTE IV, SCENE III
LE NOTAIRE
En regrettant de ne vous avoir pas à ses côtés pour fermer sa paupière. Il est mort en vous aimant, en appelant sa fille, en voulant réparer l'otibli.... Il m'a dicté un testament que voici... Il a laissé cent quatre - vingt mille livres de rente : vous n'êtes que deux enfans à partager. Il faut aujourd'hui que je vous présente à votre frère, qui vit ici dans l'opulence sous le nom de monsieur de Lys , que son père avait pris. .
( Les trois personnages expriment leur surprise par un langage muet. Leurs yeux se parlent, et ils s*écrient presque ensemble. )
JOSEPH
Ah! Charlotte.
REML
Voilà tes vertus récompensées... Le Ciel est juste.
CHARLOTTE
Est-ce une illusion?... Mon père... Quoi! Ce monsieur de Lys serait mon frère!
LE NOTAIRE, à Charlotte.
Vous le connaissez?
CHARLOTTE
Je ne le connais que trop.
JOSEPH
Oui, si c'est lui qui demeure rue du Coq...
LE NOTAIRE
C'est lui-même.
REMI, se levant.
Monsieur, nous sortons tous trois de chez lui.
LE NOTAIRE, surpris.
Eh! comment donc? Vous! chez lui! Apprenezmoi*.. Que je sois informé de tout ce qui a pu vous amener dans sa maison...
REMI
Âh! dispensez -moi, monsieur, de vous faire un détail qui ferait rougir notre front. Dans quelles mœurs a-t-il été élevé? Le malheureux, avec ses viles richesses! qtte n'est* il plutôt resté dans la pauvreté avec nou^ ! du moins il eût été honnête et vertueux. Mais, hélas! corrompu par l'opulence, c'est un séducteur, un débauché... Il croyait ce matin pouvoir acheter sa vertu... Il a osé à moi m'en proposer le prix.
LE NOTAIRE
Êtes -vous toutefois demeurés inconnus l'un à l'autre?
REMI
Je ne me suis nommé que prêt à le quitter... Se souviendrait-il de mon nom?
LE NOTAIRE
S'il s'en souvient! Oui, certes, et d'une manière qui humilie son orgueil et qui alarme son avarice.