‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 62 sur 272 · LE NOTAIRE, DE LYS · texte numérisé non relu

LE NOTAIRE, DE LYS

LE NOTAIRE

De pareils propos doivent être punis, et ce n'aurait pas été assez de les mépriser.

DE LYS

Mais c'est comme procureur qu'il parlait.

LE NOTAIRE

Non, non; ne vous y trompez pas, ce sont de pareilles gens qui déshonorent l'état : il ne comporte pas moins qu'un autre l'obligation d'être homme de bien , de chercher la justice et la paix. J'en connais plusieurs de cette intégrité; et tout rares qu'ils sont, ils peuvent servir d'exemple. Je vous les aurais* souhaités pour conseil. Au reste, je vous le répète, ce

n'est que vous-même que vous devez consulter; interrogez votre cœur, et répondez.

DE LYS

Mais une moitié dans l'héritage, une moitié! je ne puis, c'est trop... c'est trop.

LE NO TA IRE, avec un courroux noble.

Hé bien, monsieur, suivez votre indigne conseil; allez vous rendre méprisable comme lui : c'est à moi que vous aurez affaire. J'épouse le procès , et croyez qu'il ne traînera pas en longueur comme vous l'espérez. J'irai moi-même, je préviendrai les juges de vos intentions iniques; ils ne laisseront pas languir l'honnêteté dans l'indigence : elle ne soupirera pas long-temps après la justice qui lui est due. ( pe Lys

demeure interdit, et ne sachant ni sortir ni rester.) JùSt - il pOSSiblc

que l'or soit ainsi votre tyran, étouffe en vous tout sentiment de vertu , et même d'équité ! Si ce père reparaissait, accusant votre avare insensibilité, vous reprochant de trahir ses volontés dernières , méconnaî-* triez-vous sa voix?... Hé bien, tremblez; elle va vous confondre : elle va sortir, du fond de son tombeau pour vous accuser et vous faire rougir. Oui, c'est son sang qui va paraître et déposer contre voiis.

(n court au cabinet, et ouvie la porte.) ApprOchcZ, vénérable

vieillard, et vous, fille vertueuse, approchez.

( Ils sortent tous trois en larmes , et voulant embrasser les genoux du

Notaire. )

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