SCENE III
M. DELOMER, M. JULLEFORT.
M. DELOMER parait dans le fond de la scène, avec un porteur qui
a une sacoche yide sur l'épaule; il lui distrihne a^ec réflexion différens papiers.
Tenez, vous ferez votre tournée dans le quartier Saint-Honoré.
(Le porteur va pour s'en aller; M. Delomer s'avance, puis rappelle le
porteur. )
Bonaventure, écoutez donc; vous passerez auparavant au bureau. M. Dominique aura peut-être quelque autre chose à vous donner. (Le porteur s'en va.) (n aperçoit M. juUefort.) Ah, ail! c'cst VOUS? coHiment avczvous passé la nuit?
M. JULLEFORT.
Le mieux du monde, et vous?
M. DELOMER.
Moi, j'ai eu le sommeil agité... hier au soir, en vous quittant, je m'enfermai dans mon cabinet, et quand une fois je travaille tard comme cela , le reste de la nuit s'en ressent; je la passe toute blanche, à bâtir, comme Ton dit, des châteaux en Espagne.
M. JULLEFORT.
Cela vaut souvent les plus agréables journées. Surtout quand, ne pouvant dormir, on forme tout à son aise, dans le silence et la tranquillité des nuits, une spéculation bien conçue , bien nette , et qu'à quelque