‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 79 sur 272 · ACTE 1, SCENE III. j'i'i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE III. j'i'i

M. JULLEFORT, inquiet.

Vous êtes sûr!... vous me connaissez bien.... mais est-ce de grande conséquence?

De la plus grande; aussi je n'ai que cette condition-là; j'exige de vous que vous me donniez votre parole d'honneur que vous la remplirez dans toute son étendue.

M. JULLEFORT, à part.

Il me fait trembler. Serait-ce de rendre la dot em cas de décès? C'est toujours là la pierre d'achoppé- i

ment^ (Dune voix un peu altérée.) QucUc CSt enfin CCttC \

condition?

M. DELOMER.

C'est de la rendre toute sa vie heureuse, bien heureuse, la plus heureuse des épouses, entendez-vous?

M. JULLEFORT.

Ce n'est que cela? (a part.) je respire. (Haut.) Ah! comptez sur moi, en douteriez- vous?

M. DELOMER.

On ne connaît jamais un amant qu'après le mariage. L'homme qui aspire à la main d'une fille se contrefait toujours, et chacun prend un masque qu'il ne tarde guère à déposer. Je ne vous mets point de | cette classe, c'est une simple réflexion. Il n'y a que I deux ans qu'elle est sortie du couvent, et je n'ai point reçu les assiduités d'un autre que vous.

I. Cet aparté est trop long. JuUefort devient aussi trop vil; Tapprébeusion qu'il manifeste ici dépasse les bornes de la comédie.

i34 LA BROUETTE DU VINAIGRIER,

Je me flatte aussi que vous n'auriez trouvé personne ami plus vrai, amant plus sincère...

M. DELOMER.

J'aime à le croire; mais les charmes de ma fille ne vous empêcheront pas d'arrêter vos yeux sur ce que je lui donnerai.

M. JULLEFORT.

Ah! monsieur de quoi me parlez-vous? Tout ceci se verra dans l'étude du notaire.

M. DELOMER.

Tenez, ce tout ceci est de style. Parlons à cœur ouvert. On ne trouve pas d'inconvénient à ce que la richesse accompagne la beauté. Ce n'est pas que je veuille dire que vous recherchez ma fille uniquement pour son bien : au contraire, je crois que vous l'aimez assez pour l'épouser, quand je n'aurais aujourd'hui que peu de chose à lui donner. Tenez, je vais vous dire ce que je veux faire, c'est tout ce que je peux d'abord...

M. JULLEFORT, attentif et dissimulé.

Il faut bien vous écouter, puisque vous le voulez.

M. DELOMER.

Mais si vous n'entendiez pas ces sortes d'affaires, nous en causerions tantôt chez notre avocat, il est impartial.

M. JULLEFORT.

J aimerais toujours mieux entendre de votre bou-

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