‹ Œuvres choisies de N. ChamfortChapitre 21 sur 40 · HASSAN, ZAYDE, DORNAL, FATMÉ · texte numérisé non relu

HASSAN, ZAYDE, DORNAL, FATMÉ

UNE Esclave chrétienne vêtue en musulmane, avec

un voile sur la tête,

Zayde .

La voici. Voyez le spectacle le plus intéressant : la beauté dans la douleur.

Hassan s'approche et lève le voile Qu'elle est touchante et belle!

DORNAL.

Amélie ! Ciel ! ( // vole dans ses bras,)

Amélie, avec joie.

Que vois-je! mon cher Dornal!

DORNAL.

Ma chère Amélie, vous êtes libre! je le suis aussi. Vous êtes auprès de votre bienfaitrice, de mon libérateur. ( Il saute au cou de Hassan, et veut ensuite embrasser Zayde, qui recule avec modestie. )

Hassan, à Dornal.

Embrassez ! embrassez ! il est honnête, ce transport-là. [A Zayde, qui reste confuse.) Ma chère amie, c'est la coutume de France,

2o8 LE MARCHAND DE SMYRNE

Amélie , à Zayde.

Madame, je vous dois tout! Que ne puis-je vous donner ma vie !

Zayde.

C'est à moi de vous rendre grâces. Vous ne me devez que votre liberté, et je dois à votre époux la liberté du mien.

Amélie.

Quoi ! c'est lui !

Hassan.

Oh ! cela est incroyable ! A propos, vous n'êtes point mariés?

DORNAL.

Vraiment, non : nous ne le serons qu'à notre retour. Une de ses tantes nous accompagnoit : elle est morte dans la traversée.

Hassan.

Vite, vite, un cadi, un cadi!... Ah! mais, à propos, on ne peut pas. . . C'est cet habit qui me trompe.

DoRNAL.

Ma chère petite musulmane, quand serons-nous en terre chrétienne! Ah! mon Dieu, nos pauvres compagnons d'infortune !

Hassan.

Si j'étois assez riche. . . Mais, après tout, l'homme de loi, et cet autre, cela ne doit pas coûter cher, n'est-ce pas?

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