‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 136 sur 462 · Ennuis. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p · texte numérisé non relu

Ennuis. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p

Les Phénomènes d'Arate * :

Il est temps que je m'esbate Et que j'aille aux champs jouer, Bons dieux! qui voudroit louer Ceux qui, collez sur un livre, N'on^jamais soucy de vivre?

Que nous sert l'estudier^, Sinon de nous ennuyer Et soing dessus soing accrestre\ A nous qui serons peut-estre.

Ou ce matin, ou ce soir, Victime de l'Orque* noir.

De l'Orque qui ne pardonne.

Tant il est fier^, à personne?

Gorydon^ marche devant:

Sçache où le bon vin se vend.

1. Arate. — Aratus, poète grec, né en Cilicie vers 272 av. J.-C. composa un livre sur les phénomènes célestes, qui fut traduit en latin par Cicéron, et en français au xvi« siècle, par Rémi Belleau, ami de Ronsard,

2. L'estudier. — Cet infinitif est employé ici substantivement, emploi fréquent au xvi" siècle.

3. Acci'estre (latin : accrescere). — Aujourd'hui : accroître.

4. Orque (latin : Orcus). — Signifie : séjour des morts, l'enfer et par extension : Pluton le dieu des enfers.

Cf. Virgile :

( alla ostia Ditis,

Et ealigantem niyra formidine lucuin Ingressus, Manesque adiii rerjemque tremendum, Nesciaque humanis precibus mansuescere corda. »

{Griorg. 1. IV, v. 467.)

et plus loin :

«.... JVec poiiitor Orci Ampliui objectant passus transire paludem. »

{Ibid., V. 502.)

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