Ennuis. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p
Les Phénomènes d'Arate * :
Il est temps que je m'esbate Et que j'aille aux champs jouer, Bons dieux! qui voudroit louer Ceux qui, collez sur un livre, N'on^jamais soucy de vivre?
Que nous sert l'estudier^, Sinon de nous ennuyer Et soing dessus soing accrestre\ A nous qui serons peut-estre.
Ou ce matin, ou ce soir, Victime de l'Orque* noir.
De l'Orque qui ne pardonne.
Tant il est fier^, à personne?
Gorydon^ marche devant:
Sçache où le bon vin se vend.
1. Arate. — Aratus, poète grec, né en Cilicie vers 272 av. J.-C. composa un livre sur les phénomènes célestes, qui fut traduit en latin par Cicéron, et en français au xvi« siècle, par Rémi Belleau, ami de Ronsard,
2. L'estudier. — Cet infinitif est employé ici substantivement, emploi fréquent au xvi" siècle.
3. Acci'estre (latin : accrescere). — Aujourd'hui : accroître.
4. Orque (latin : Orcus). — Signifie : séjour des morts, l'enfer et par extension : Pluton le dieu des enfers.
Cf. Virgile :
( alla ostia Ditis,
Et ealigantem niyra formidine lucuin Ingressus, Manesque adiii rerjemque tremendum, Nesciaque humanis precibus mansuescere corda. »
{Griorg. 1. IV, v. 467.)
et plus loin :
«.... JVec poiiitor Orci Ampliui objectant passus transire paludem. »
{Ibid., V. 502.)