Cf. Horace
■• Jlli robur et ses triplex Circa pectus erat, qui fragilem truci Comimsit pelayo ratem Primas..,. »
(Odes, I, 3.) OU Ovide :
u Nondum cxsa suis, peregrinuin ut viserct orbein. Montibus. in liquidas pinus descenderat undas. »
{Mt'tam. Les quatre âges, \. 94.) On peut aussi rapprocher les premiers vers de YEpithalame de Thétis et de Pelée de Catulle :
*■ Peliaco quondam prognatx vertice pinus. >■
Tethys', qui tousjours avoit eu D'avirons le dos non batu, Sentit des playes incogncues; Et, maiigré les vents furieux Argon- d'un art laborieux Sillonna les vagues chenues '.
Sous la conduite de Tiphys * L'entreprise, o Jason ! tu fis D'acquérir la laine dorée ^, Avec quarante chevaliers En force et vertus les premiers, De toute la Grèce honorée.
Les Tritons'' qui s'esbahissoient De voir ta navire ^ poussoient
1. Tethijs. — C'est l'épouse de rOce^an ce mol souvent désigne l'Océan lui-même.
-'. Argon (grec àpyô;, rapide).— C'est le vaisseau Argo, construit par un fds de Phrixos, sous la direction de Minerve, qui fut monté par les Argonautes conduits par Jason.
3. Chenue. — Signifie : blanc (latin : ranutus, dérivé de canus, blanc). Sens vieilli. " Leandre dedans l'escume chesmie s'enivra du flot amer. » (Yver, p. 577.)
4. Tiphys. — C'est le nom du pilote qui conduisait le vaisseau des Argonautes; il passe pour être l'inventeur du gouvernail.
« Tiphys in yEmonia puppe magister erat. »
(Ovide.)
5. Dorée. — C'est-à-dire : la Toison d'or, à la recherche de laquelle partirent Jason et les Argonautes, ses compagnons. M. Decharme raconte tout au long l'histoire de cette expédition, dans la Mythologie de la Grèce antique, p. 565 et suiv.
Cette expédition avait déjà été racontée en grec par Apollonius de Rhodes, dans ïes,Argonnufiques, poème qui est regardé comme le chef-d'œuvre de la poésie alcxanJrine; en latin, par YalériusFlaccus.
6. Tritons. — Dieux marins qui, avec les Néréides, forment un choeur gracieux, escorte ordinaire des deux grandes divinités de l'empire des mers.
7. Navire. — Ce substantif était le plus souvent féminin au xvi« siècle, surtout dans Ronsard.
Hors de la mer leurs testes blondes, Et les PhorcydesS d'un long tour, En carolant- tout à l'entour Conduisoient ta nef^ sur les ondes;
Orphé dessus la proue estoit.
Qui des doigts son luth pincetoit Et respondoit à la navire, Laissant des aiguillons ardans Aux cœurs de ces preux, accordans L'aviron au son de la lyre.
Or si Jason a tant receu De gloire pour avoir deceu Une jeune infante* amoureuse, Pour avoir d'un dragon veillant Charmé le regard sommeillant^ Par une force monstrueuse...,
Combien Thevet au pris de luy Doit avoir en France aujourd'huy D'honneur, de faveur et de gloire, Qui a veu ce grand univers, Et de longueur et de travers, Et la genf^ blanche et la gent noire!
Qui de près a veu le soleil Aux Indes faire son réveil
1 . Phorcydes. — Les filles de Phorcys que Pindare appelle les Torgones ; c'est-à-dire : les nuarjes orageux, et Sophocle ; les Sirènes.
2. Carolant. — Signifie: danser. Verbe disparu. (Voir Glossaire.)
3. A^e/" (latin :nayem). — Signifie: vaisseau; substant. encore usité.