‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 204 sur 462 · Verdissant. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p · texte numérisé non relu

Verdissant. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p

ODES RETRANCHEES

ODE

(lo60)

Corydon, verse sans fin Dedans mon verre du vin, Afin qu'endormir je face Un procès qui me tirace Le cœur et l'ame plus fort Qu'un limier un sanglier mort.

Après ce procès ici Jamais peine ne souci, Ne feront que je me dueille- :

Aussi bien, vueille ou non vueille^ Sans faire icy long séjour Il faut que je meure un jour.

Le long vivre me deplaist :

Mal-heureux l'homme qui est

1. Retranchées. — Les odes retranchées sont les odes retranchées par Ronsard aux dernières éditions de ses œuvres. Elles y furent de nouveau réunies dans l'édition publiée en 1609; elles sont au nombre de 74.

2. Dueille. — Subj. prés, (forme disparue), signifiant: « que je me désole » du vorbe douloir. (V'oir Glossaire.)

3. Vueille. — Subj. prés, du verbe vouloir. Orthographe du vieux français.

Accablé de la vieillesse !

Quand je perdray la jeunesse, Je veux mourir (ont soudain, Sans languir au lendemain.

Ce-pendant verse sans fin Dedans mon verre du vin, A fin qu'endormir je face Un procès qui me tirace Le cœur et l'ame plus fort Qu'un limier un sanglier mort'.

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