A LA SOURCE DU LOIR
Source d'argent toute pleine, Dont le beau^cours éternel Fuit pour enrichir la plaine De mon pays paternel,
Sois hardiment brave et fiere De le baigner de ton eau :
Nulle françoise rivière N'en peut laver un plus beau,
Que les Muses éternelles D'habiter n'ont dédaigné, Ne Phœbus, qui dit par elles L'art où je suis enseigné*,
Qui^ dessus ta rive herbue Jadis fut énamouré De la nymphe chevelue, La nymphe au beau crin doré,
Et l'attrapa de vistesse Fuyant le long de tes bords, Et là ravit sa jeunesse Au milieu de mille efforts.