‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 217 sur 462 · Prise. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p · texte numérisé non relu

Prise. — Édit. P. Blanchemain, t. II, p

LA FRANCIADE

LA FRANCIADE

La Franciade est une épopée; c'est un ouvrage auquel Ronsard a songé et travaillé pendant une bonne partie de son existence; car sa grande ambition était de devenir le poète épique, V Homère des Français \voir ses Odes à Hpnri II, à l'Hôpital).

(Ce poème devait avoir vingt-quatre chants; Amadys Jamyn, un poète de la Pléiade, en avait composé les arguments.: Qwafre seulement furent achevés et parurent le 13 septembre 1572, vingt jours après la Saint-Barthélémy. Le moment était bien mal choisi. Les quatre chants publiés subirent, dans les différentes éditions, de nombreuses retouches. Ils forment un total d'environ cinq à six mille vers. En voici l'analyse, telle qu'elle a été donnée par Sainte-Beuve:

« Francus ou Francion, fils d'Hector et d'Andromaque, a échappé au sac de Troie par la protection de Jupiter, et a été élevé à Buthrote, en Épire, près de sa mère et sous la surveillance de son oncle Hélénin. Son éducation terminée, Jupiter envoie Mercure annoncer aux parents les hautes destinées du jeune héros, qui ne tarde pas à s'embarquer avec une belle armée de Troyens. Mais l'éternelle colère de Junon et de Neptune soulève les flots, et Francion, ayant perdu tous ses vaisseaux, échoue en Crète, où il est courtoisement reçu par le roi Dicée. Ce Dicée a un fils, Orée, qui vient de tomber aux mains du

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géant Phovère, et que Francion délivre. Il a aussi deux filles, Glymêne et Hyante, qui deviennent Tune et l'autre amoureuse du noble étranger. Hyante est préférée, et sa sœur, de désespoir, se jette à la mer, où elle se change en déesse marine. Au reste, ce n'est guère par amour que Francus a donné la préférence à Hyante ; mais Cybèle, transformée en Turnien, compagnon de Francus, lui a conseillé de s'attacher à celte jeune princesse, qui connaît les augures et pourra lui révéler l'avenir de sa race. Au quatrième livre, en effet, Hyante consent à évoquer les ombres infernales; elle prophétise à Francus son voyage en Gaule, la fondation du royaume très chrétien, et trace en détail le résumé historique du règne des Mérovingiens et des Garlovingiens. »

Qui aurait pu se passionner pour ce poème? au moment de son apparition les esprits étaient ailleurs : L'Hôpital était tout entier à la douleur; Charles IX était en proie aux remords qui le tueront; Henri III, qui va lui succéder^ aimera mieux les petits vers de Desportes. Aussi Ronsard ne se sentit plus le courage de travailler à la suite de son épopée, elle resta inachevée. Ce fut un chanoine de l'église de Bourges qui, trente ans après la mort du poète, entreprit d'écrire la suite de la généalogie des rois de France. A la fin du sixième chant, Louis XIIÏ monte sur le trône.

La lecture de l'œuvre entière serait fastidieuse, je vais donner seulement de la Fi^anciade le récit du combat de francus et du géant Phovère (chant II).

En tête de l'édition originale était une courte préface de Ronsard au lecteur (voir édit. P. Bla7ichemain, t. III, p. 7); elle fut supprimée depuis et remplacée par une bien plus longue. Je donne celle-ci tout entière, car c'est une sorte de manifeste littéraire, un morceau de critique souvent romarquablt».

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