‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 247 sur 462 · FRANCIADE. - II · texte numérisé non relu

FRANCIADE. - II

Bien loin du corps, rendit la terre rousse,

A longs filets. Ainsi que d'un conduit

S'eschappe l'eau qui jallissant se suit.

Et d'une longue et saillante rousée'.

Baigne la terre à l'entour arrousée.

Ainsi le sang bouillonnant s'en alla,

Et par le sang son ame s'escoula,

Palle d'horreur, et de despit suivie,

De perdre ainsi la jeunesse et la vie. Ce corps tout froid et affreux se roidit;

Gomme un glaçon l'estomac luy froidit,

Et de ses yeux l'une et l'autre prunelle Ferma son jour d'une nuict eterhelle.

N'estant plus rien d'un tel tyran, sinon Qu'un tronc bronché diffamé de renom ^

A tant' Dicé, d'une face joyeuse, Vint saluer la main victorieuse, Baisa Francus, le couronna de fleurs.

« Tu as (disoit) effacé mes douleurs, Vray héritier de la gloire Hectorée*, Tuant Phovère et sauvant mon Orée.

Le bon démon, qui de nous a souci.

Pour mon support^ t'avoit conduit ici, Noble Troyen, de prouesse l'exemple.

En corps mortel digne d'avoir un temple. Et comme Hercule adoré des humains, Tant a d'honneur la force de tes mains. »

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