‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 307 sur 462 · Blé. — La Beauce et la Champagne. (M · texte numérisé non relu

Blé. — La Beauce et la Champagne. (M

4. Fruit. — « Allusion à la corne d'Anialthée, où la fertilité de toutes les choses du monde étoit. » (M.)

ECLOGUES. 301

M'a fait errer longtemps en mainte terre estrange',

Pour voir si le mérite egaloit le renom

Des roys, dont j'ay cognu les faces et le nom.

J'ay pratiqué leurs mœurs, leurs grandeurs, leurs altesses,

Leurs troupeaux infinis, leurs superbes richesses.

Leurs peuples, leurs citez et les diverses lois

Dont se font obeyr les princes et les roys.

Je vy premièrement le grand pasteur d'Espagne-;

Assise à son costé, j'apperceu sa compagne^,

Qui prend sa noble race et son estre ancien

Des Valois descendus du noble sang troyen...

Passant d'austre costé*, j'alloy voir les Anglois, Kegion opposée au village gaulois; Je vy leur grande mer en vagues fluctueuse^. Je vy leur belle royne honneste et vertueuse; Autour de son palais je vy ces grands milords Accorts, beaux et courtois, magnanimes et forts. Je les vy révérer Carlin et Catherine, Ayant juré la paix, et jette bien avant La querelle ancienne aux vagues et au vent. Je vy des Escossois la royne sage et belle'"'. Qui de corps et d'esprit ressemble une immortelle; J'approchay de ses yeux, mais bien de deux soleils, Deux soleils de beauté qui n'ont point leurs pareils. Je les vy larmoyer d'une claire rosée. Je vy d'un beau cristal sa paupière arrosée,

\.. Estrange. — Signifie: étrangère. Sens disparu.

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