‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 309 sur 462 · Estant. — Édit. P. Blanchemain, t. IV, p · texte numérisé non relu

Estant. — Édit. P. Blanchemain, t. IV, p

3. Des dieux. — « Il est inutile, ce nous semble, de retracer aux amateurs de la vraie poésie tout ce qu'il y a de vivement descriptif et d'heureusement pittoresque dans les gracieux tableaux qu'ils viennent de parcourir. Cette coupe de buis, cette houlette de frêne, ce merle pris aux gluaux, sont retracés aux yeux avec un relief d'expressions et une vérité do couleurs dont notre poésie a trop vite désappris 1 usage. La pruderie est venue avec le beau siècle, et l'on n'a plus osé nommer chaque chose par son nom. 11 n'y a tpie Molière et La Fontaine qui aient gardé leur franc parler; mais on a dit de Molière qu'il écrivait trop pour le peuple, ou même qu'/7 écrivait mal! et quant à YimmilatAe bonhomme, on se serait fait un scrupule de l'imiter en ce qu'on appelait ses aimables négligences. Le système de la périphrase a donc prévalu, et notre instrument poétique s'est perverti- Tous les efforts de l'école moderne tendent aujourd'hui à ramener l'art à la vérité. C'est plaisir et triomphe pour elle de retrouver chez les vieux des exemples naïfs de ses doctrines. Ronsard en abonde, et par ce côté, surtout, il mérite réparation auprès de la postérité. » (Sainte^ Beuve.) — Je suis de l'avis de Sainte-Beuve: Ronsard excelle par le choix et l'élégance de l'expression; mais si on le compare à Cl. iMarot, celui-ci l'emporte par la simplicité du sujet et le naturel des personnages. (Voir mes Œuvres choisies de Cl. Marot, p. 217.)

Gentilhomme vendomois

Page 1