‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 355 sur 462 · Les remarques sont de P. de Marcassus (édition de · texte numérisé non relu

Les remarques sont de P. de Marcassus (édition de

2. Selon Guillaume Colletât, ce présent aurait été fait à Ronsard par Marie Stuart prisonnière, en 1583, c'est-à-dire deux ans seulement avant la mort du poète.

AU lecteur'

Poëme et poésie ont grande différence ; Poésie est un pré de diverse apparence, Orgueilleux de ses biens, et riche de ses fleurs, Diapré, peinturé de cent mille couleurs, Qui fournit de bouquets les amantes pucelles, Et de vivres les camps^ des abeilles nouvelles. Poëme est une fleur, ou comme en des forés, Un seul chesne, un seul orme, un sapin, un cyprès, Qu'un nerveux charpentier tourne en courbes charrues. Ou en carreaux^ voûtez des navires ventrues. Pour aller voir après de Thetys les dangers, Et les bords enrichis des biens des estrangers.

D'Homère l'Iliade, et sa sœur l'Odyssée Est une poésie en sujets ramassée, Diverse d'argument : le Cyclope éborgné, D'Achille le bouclier, Circe au chef bien-peigné, Prothée, Calypso, par Mercure advertie, Est un petit poëme osté de sa partie Et de son corps entier. Ainsi qu'un mesnager* Qui veut un vieil laurier de ses fîls^ décharger, Prend l'un de ses enfans, qui estoient en grand nombre, Et déjà grandelets se cachoient dessous l'ombre

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