‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 360 sur 462 · Belle. — Édit. P. Bianchemain, t. VI, p · texte numérisé non relu

Belle. — Édit. P. Bianchemain, t. VI, p

4. Mesme. — « Ronsard envoya ceste pièce à ceste grande princesse, un peu après qu'elle se fust retirée en Escosse, » (R.)

5. Souloknl. — Imparf. indic. du vieux verbe souloir signifiant : avoir coutume.

6. Estoit. — Quand Marie Stuart était l'épouse de François II.

7. Jumelle. — La montagne du Parnasse, près de Delphes, présente les deux cimes élevées de Tithorea et de Lykortia; de là ce

Les Muses en pleurant ont laissé nos montaignes. Que pourroient plus chanter ces neuf belles compaignes, Quand vous, leur beau sujet, qui les faisoit parler, Sans espoir de retour s'en est voulu aller? Quand vostre Majesté, qui leur donnoit puissance, A trenché leur parole avecque son absence? Quand cet yvoire blanc qui enfle vostre sein, Quand vostre belle, longue et délicate main, Quand vostre belle taille et vostre beau corsage Qui ressemble au pourtrait d'une céleste image; Quand vos sages propos, quand vostre douce vois Qui pourroit esmouvoir les rochers et les bois, Las! ne sont plus icy; quand tant de beautez rares Dont les grâces des cieux ne vous furent avares. Abandonnant la France ont d'un autre costé L'agréable sujet des Muses emporté I Gomment pourroient chanter les bouches des poètes, Quand par vostre départ les Muses sont muettes? Tout ce qui est de beau ne se garde long temps; Les roses et les lis ne régnent qu'un printemps; Ainsi vostre beauté, seulement apparue Quinze ou seize ans en France*, est soudain disparue; Comme on voit d'un esclair s'évanouir le trait, Et d'elle n'a laissé sinon que le regret.

nom de croupe jumelle par lequel les poètes anciens désignaient les deux crêtes de ce mont :

(( ... Parnassus gemino petit œthera colle »

(LucBÈcr).

1. En France. — Marie Stuart, fiancée à l'âge de Cinq ans à François, dauphin de France, fut amenée dans ce pays et élevée dans un monastère. A seize ans, elle épousa François, à qui elle donna le titre de roi d'Ecosse. Son époux devenu roi sous le nom de François ÎI, en 1559, mourut en 1560, et Marie fut bientôt obligée de quitter la France qu'elle aimait, pour se soustraire aux persécutions de sa belle-mère Catherine de Médiçjs. On sait le touchant adieu qu'elle adressa à la France en s'éloignant de Calais.

Sinon le desplaisir qui me remet sans cesse Au cœur le souvenir d'une telle princesse.

Ha! que bien peu s'en faut que remply de fureur, Voyant vostre destin, je ne tombe en l'erreur De ceux qui ont pensé qu'au plaisir de Fortune Ce monde fut conduit sans prévoyance aucune!

Ciel ingrat et cruel, je te pri', respons-moy, Respons, je te suppli', que te fît nostre roy ', Auquel, si jeune d'ans, tu as trenché la vie? Que t'a fait son espouse et sa fidelle amie De luy faire laisser le sceptre si soudain, Pour veufve l'envoyer en un pais lointain*-, En la fleur de son âge, ayant esmeu contr'elle Et contre sa grandeur sa terre naturelle^?...

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