‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 47 sur 462 · Chevreuil. ~~ Ce sonnet est pris du Bembe · texte numérisé non relu

Chevreuil. ~~ Ce sonnet est pris du Bembe

'1 Si come suol, paù che'l verno aspero e rio \

Parle, e dà loco aile stagion inigliori... »

2. La fueille emmiellée^. ,— Fueille est aujourd'hui : feuille. « Ce ■ harmanl vers appartient tout entier à Ronsard. » (Sainte-Beuve.)

3. Or... or... -r- Locution très usitée dans l'ancienne langue et «encore au xvi^ siècle et signifiant tenW^., tantôt. (Voir Glossaire.)

4. Libre. — « Ce vers, allègre et sémillant, vaut bien mieux que :

Ovunque piu la porta il suo desio.. (Sainte-Beuve).

5. Ne. — Ce mot est la négation fréquemment employée encore au ivi' siècle et remplacée par ni. — « 11 est défendu aux Cordeliers de n'aller ne venir, ne manger, ne dormir, ne prescher. » (H. Estienne, Apol. p. Hérodote, II, 291,)

6. Meurtrier. — Ce mot était alors dissyllabique ; en effet l'usage a élé de faire les désinences ier, iez monosyllabiques en poésie, jusqu'à Corneille (Voir Quicherat, Versif. franc.) p. 291.)

Ainsi j'allois, sans espoir de dommage, Le jour qu'un œil, sur l'avril de mon âge, Tira d'un coup mille traits dans mon flanc ^

A LA MÊME (adjuration)

CieF, air et vents, plaine et monts descouvers, Tertres fourchus et forests verdoyantes, Rivages tors ^, et sources ondoyantes.

Taillis rasez, et vous, bocages vers;

Antres moussus à demy-front* ouVers, Prez, boutons, fleurs et herbes rousoyantes^»

1. Flanc. — Voir édit. P. Blanchemain, t. I^r, p. 33. — « Bembe fut l'un des premiers personnages de son temps en quelque sujet où il s'adonna, tant en latin que toscah; toutefois je veux croire que s'il revenait au monde, il voudroit bailler et son sonnet et deux autres de ressoute (c'est-à-dire de surplus) en contr'écbange de celui. Baïf, au second livre de sa Francine, voulut suivre la piste de Ronsard, mais non avec pareille grâce :

Comme quand le printemps de sa robe plus belle La terre parera, lorsque l'hiver départ, La biche toute gaie, à la lune, s'en part Hors de son bois uimé^ qui son repos recèle... »

(Pasqaier, Rech. de la France, liv. VII, ch. tui.)

Page 1