Moy vif. — (y est-à-dire : pendant que je serai vivant
SONETS. 19
Avant que passé j'aye outre la rive noire', L'honneur que l'on te doit ne te sera donné.
Quelqu'un, après mil ans, de mes vers estonné, Voudra dedans mon Loir^ comme en Permesse^ boire, Et, voyant mon pays, à peine voudra croire Que d'un si petit champ tel poëte soit né.
Pren, mon livre, pren cœur : la vertu précieuse De l'homme, quand il vit, est tousjours odieuse. Après qu'il est absent, chacun le penfee un dieu.
La rancueur* nuit tousjours à ceux qui sont en vie; Sur les vertus d'un mort elle n'a plus de lieu, Et la postérité rend l'honneur sans en vie".