D'ordre. — C'est-à-dire par ordre, en ratu
En tranchant l'onde elles font Ronfler la campagne humide.
strophe X VI
Dieu vous gard, jeunesse divine, Uéchauffez-moy l'affection De tordre les plis de cest hynne Au comble de perfection*.
Dessillez-moy l'ame assoupie En ce gros fardeau vicieux 2, Et faites que tousjours j'espie D'œil veillant les secrets des cieux Donnez-moy le sçavoir d'eslire' Les vers qui sçavent contenter, Et mignon des Grâces, chanter Mon Francion* sus vostre lyre.
Antistfop/ie
Elles, trenchant les ondes bleues^ Vindrent du creux des flots chenus,
1. Perfection. — Ici le poète invoque les muses et les prie de réchauffer en lui l'enthousiasme, l'ardeur poétique lyaffection) pour quil puisse faire une œuvre parftiite et l'amener au plus haut point de la perfection.
2. Fardeau vicieux. — C'est-à-dire : le coriis qui est plein de vices.
3. Eslire (latin : eligere, cueillir.) — C'est-à-dire : de choisir les vers qui savent piaille.
4. Francien. — C'est-à-dire : le descendant d'Hector que Ronsard appelle aussi Francus et dont il fera le héros de sa Franciade. Notre poète invoque ici les Muses et leur demande l'inspiration pour une épopée qui fut la préoccupation de toute sa vie et qui ne
ui causa que déboire.
5. Bleues. — Prononcez blues pour la rime. (Quicherat. Versif., J54-358 ; aujourd'hui encore (.1. Gl.). Licence permise alors (ace.
im. 211. a.) (Becq de Fouquières.)
Ainsi que neuf petites nues, Parmi les peuples incognus ; Puis, dardant leurs flames subtiles, Du premier coup ont agité Le cœur prophète des sibylles' Espoint ^ de leur divinité ; Si bien que leur langue comblée D'un son douleusement obscur, Chantoitaux hommes le futur^ D'une bouche toute troublée*...
Strophe XIX
Auprès du throne de leur père
Tout à l'entour se vont asseoir,
Chantant, avec Phebus leur frère,
Du grand Jupiter le pouvoir.
Les dieux ne faisoient rien sans elles,
Ou soit qu'ils voulussent aller
A quelques nopces solennelles,
1. Sibylles. — Femmes inspirées qui rendaient des oracles. Les plus célèbres furent : la Sibylle de Delphes, en Grèce, ellu Sibylle de Cumes, en Italie.
■2. Espoint. — Partie. ])assé du vieux verbe : espoindre, sig'nifiant: aiffwllonner, exciter.
« Oui plus, en mourant, malleuient L'espoignoit d'amours l'esguillon. »
(Villon, édit. Jeannet. p. fOO.)
« Si qu Iquun nest espoint de ceste courtoisie. » (Paré, ^k lecleitr.) (( L'aiguillon dhonneur Vespoindra. » (Cl. Marot, p. 214, édit. Voizard.)