ACHE IT
AGobbo, ne Fen va pas; dédaigne de l'enfuir à toute. Lies. Là-dessus, l’infatigable démon m’ordonne de plus belle de décamper. Pars, dit le diable ; au nom du ciel, dit le diable, décampe ; prends une résolution courageuse, et sauve-loi. Alors, ma conscience, se suspendant au cou de mon cœur, me dit fort sagement : Lancelot, ne bouge pas. — re dit le diable. — Ne bouge pas, dit ma conscience. — Conscience, lui dis-je, vous me conseillez bien. — Démon, lui dis-je, j’approuve votre conseil ; si j’obéis à ma conscience, je resterai ayéc le Juif mon maitre, qui, Dieu me pardonne, est une espèce de démon ; si, au contraire, je me sauve, il faut que je me pie diriger par le démon, qui, sous votre respect, est le diable lui-même. Certainemens « ,ce$Juif est le diable incarné, et, en conscience, ma «conscience est une conscience bien dure 1orsaus elle me conseille de rester chez le Juif : c’est le diable qui me donne un conseil d'ami. Je me sauverai, diable ; - mes talons sont à vos ordres, je me sauverai.
Arrive LE VIEUX GOBBO, portant un panier.
GOBBO,
Mon jeune monsieur, quel est, je vous prie, le chemin qui conduit à la maison du Juif?
LANCELOT, à park.
O ciel! c’est mon légitime père qui, ayant la vue
basse, extrêmement basse, ne me reconnait Das. — Je vais tenter une épreuve sur lui.
GOBBO.
Mon jeune monsieur, quel est, je vous prie, le che min qui conduit à la maison du Juif ?
LANCELOT
Au premier détour, vous tournerez à votre main droite ; puis au détour suivant, vous tournerez à gauche ; puis, au détour suivant, vous ne tournerez d'aucun côté, mais vous vous dirigerez indirectement vers la maison du Juif.
GOBBO.
Bonté de Dieu, voilà un chemin qui n’est pas facile à trouver. Pourriez-vous me dire si un certain Lance-
‘lot qui demeure avec lui, demeure ou non avec li ?
LANCELOT
Est-ce du jeune monsieur Lancelot que vous parlez? — (A part.) Remarquez-moi bien maintenant; je vais soulever les eaux : — Est-ce du jeune monsieur Lancelot que vous parlez?
GOBBO.
Non, monsieur, mais du fils d'un pauvre homme. Son père, quoique ce soit moi qui le dise, est un honnète homme fort pauvre, et, grâce à Dieu, de bonnes vie et mœurs.
LANCELOT
Allons, que son père soit ce qu’il voudra ; nous parlons du jeune monsieur Lancelot.