‹ Œuvres choisies de Shakespeare - Vol. 2Chapitre 36 sur 99 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Même lieu.

Ayrrivent GRATIANO &f SALARINO, 724Squés.

GRATIANO

Voici l’auvent sous lequel Lorenzo nous a dit de Pattendre.

SALARINO, L'heure est presque passée.

GRATIANO

LE nt Il est étonnant qu’il se fasse attendre ; car les amants arrivent toujours avant l'heure.

SALARINO.

Oh! les colombes de Vénus volent'dix fois plus

s6 ‘LE MARCHAND DE VENISE.

vite pour sceller de nouveaux liens d'amour, que . pour conserver intacte la foi jurée.

GRATIANO

Il en sera toujours ainsi. Quel convive, au sortir d’un festin, a le même appétit qu’en y prenant place? quel cheval reprenant la route ennuyeuse qu’il a déjà parcourue, ne ralentit son pas et son ardeur ? Pour toutes les choses d’ici-bas, nous mettons plus de vivacité dans la poursuite que dans la jouissance. Voyez la nef quitter comme l’enfant prodigue sa baie natale, déployant l’éclat de ses banderoles, et caressée par le souffle lascif de la brise ! Voyez-la revenir aussi comme l'enfant prodigue, la carêne endommz. gée, les voiles en lambeaux, maigre, épuisée, ruinée par la brise libertine.

AyYive LORENZO.

SALARINO.

Voici Lorenzo ; — nous reparlerons de cela plus tard.

Mes chers amis, pardonnez-moi d’avoir abusé de votre patience.Ce n’est pas moi, ce sont mes affaires que vous devez accuser de ce délai. Quand il vous prendra envie de voler des épouses, je vous promets de vous attendre tout aussi longtemps. — Approchons; c’est ici la demeure du Juif mon beau-père. — Holà ! quelqu'un !

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